PETIT BULLETIN du Gériatre et du Gérontologue
13ème année 
n° 16 - 21 mai 2007
Département de Médecine Gériatrique et Communautaire
Fédération de Gériatrie du CHU de Grenoble
CMRR Grenoble Arc Alpin

REUNION BIBLIOGRAPHIQUE       PAVILLON ELISEE CHATIN
Infos : Élisabeth HALVICK, tél. 04 76 76 54 21, fax 04 76  76 55 76
Pour l'envoi de vos références et résumés : Afranco@chu-grenoble.fr

EpingleEdito

En principe, les malades d'Alzheimer ne semblent pas se suicider. Pourtant des cas sont rapportés. S'agit-il plutôt de dépressifs ? Peut-être pas uniquement (voir ci-dessous).

EpingleArticles

* La revue de Gériatrie ; tome 32 n° 2. Février 2007
«Intérêt d'un appareil ultrasonore de mesure du volume vésical en pratique quotidienne gérontologique», Bloch F al.
L'article reprend les diverses indications de cet appareil d'échographie «Bladder-Scan» permettant un contrôle du volume vésical dans toutes les situations cliniques rencontrées au quotidien en gériatrie : «anurie ; douleurs abdominales ; confusion ; hyperthermie ; surveillance après retrait de sonde». L'utilisation de cet appareil permet d'éviter un certain nombre de sondage  151 sur 210  dans ce travail.
Commentaires : Le prix de cet appareil est très proche d'un échographe portable. En pratique, l'échographie de première ligne peut prolonger l'examen clinique permettant de détecter d'autres troubles que le globe urinaire (calculs biliaires ou rénaux...). L'utilisation d'un échographe nécessite par contre une formation minimum alors que le Bladder-Scan peut être a priori utilisé par des infirmières ou des internes sans formation. (Commentaires O. CEZARD)
Le Bladder-Scan est très simple d'utilisation et notamment par les IDE. Il permet une nette amélioration de la prise en charge des troubles mictionnels. (Commentaires Claire  MILLET et Gaëtan GAVAZZI )


EpingleDocumentation gériatrique E Halvick

Sites de sociétés, associations, institutions, organismes

- Site Personnes âgées du Gouvernement http://www.personnes-agees.gouv.fr/


- OMS. Organisation Mondiale de la Santé. Thème "Vieillissement". http://www.who.int/health_topics/ageing/fr

- SFGG. Société Française de Gériatrie et de Gérontologie. http://www.sfgg.fr/

- UDIAGE. Union Départementale Iséroise d'Information et d'Action Gérontologique.  http://www.udiage.org/

- ALMA-France. Allô maltraitance des personnes âgées. http://www.alma-france.org/

- France Alzheimer. Soutien aux malades et leurs familles. http://www.francealzheimer.org/

- Fondation Mederic-Alzheimer. L'aide aux aidants des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou troubles apparentés liés au vieillissement.  http://www.fondation-mederic-alzheimer.org/


EpingleInfos Journées E Halvick

* 1ère Journée universitaire de recherche en éthique, 6 juin 2007, 9h-20h30, Hôpital Européen Georges Pompidou. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Renseignements : 01 44 84 17 57 ou 17 81. www.espace-ethique.org et www.ethique.inserm.fr

* Journée Ethique et Société : « Les malades d'Alzheimer jeunes », 25 juin 2007, Palais des Congrès de Strasbourg, avec le soutien de la Fondation Méderic Alzheimer. Inscription avant le 15 juin. Contact et renseignement : Email : contact@escort-rp.fr Tel : 03 88 41 81 04 - Fax : 03 88 41 92 74 - Internet : www.escort-rp.fr

CHU Grenoble
* L'Association PHARES vous invite à une intervention de Pierre REBOUL sur le thème du  « Bénévolat à l'Hôpital », jeudi 7 juin 2007, 14h -16h, Salle Gilbert Faure, Pavillon Vercors, Hôpital Michallon. Renseignement : Isabelle Colombera au 04.76.76.54.15 (Poste 63910) ou au 06.30.50.16.42.


EpingleVisio

Grenoble, Voiron

Odile CEZARD (Voiron), Emmanuelle DELLA MONICA (Voiron), Gaëtan GAVAZZI, Hélène GSTALDER, Elizabeth HALVICK, Sylvie MAZIERE, Claire MILLET, Muriel MONANGE, Lydie NICOLAS, Kamel OUZAID, Frédéric PASQUIER, Lucyna RYS (Voiron), Nadège VOLCLER, Nabil ZERHOUNI.

SUPPLEMENT DU PBGG
Mensuel de Neuropsychologie
CMRR Grenoble Arc Alpin
Vol.1  n°19 - Mai 2007
REUNION BIBLIOGRAPHIQUE - PAVILLON ELISEE CHATIN
Pour  l'envoi de vos références et résumés : Chrystèle MOSCA
CMosca@chu-grenoble.fr (Tél. 04 76 76 75 75 poste 63420) et
Laetitia SCAVONE LScavone@chu-grenoble.fr

EpingleArticles commentés

* Archives of Clinical Neuropsychology, 21, (2006) pp. 687-692.
Increasing the power for detecting impairment in older adults with the faces subtest from Wechsler Memory Scale-III: An emprirical trial. Boaz Levy.

La batterie d'évaluation de la Mémoire de Weschler (troisième édition) implique que ses sous-tests puissent être utilisés de manière sélective. Chacun doit donc avoir une bonne validité. Le sous test de reconnaissance des visages pose pour sa part  problème car sa sensibilité pour détecter un déficit de mémoire visuelle n'a pas été précisemment établie et qu'il existe un effet plancher dans le groupe des sujets âgés normaux (et ils répondent beaucoup au niveau du hasard).  D'autre part, un déficit de mémoire pour les visages semble exister à des stades variables de la maladie d'Alzheimer(MA). L'auteur souligne donc l'intérêt d'améliorer ce sous test dans un but d'aide au diagnostic et propose une nouvelle version.

Comme les scores sont bas dès la phase de reconnaissance  immédiate l'auteur suppose que la difficulté vient de la phase d'acquisitation au cours de laquelle sont présentés les 24 visages toutes les 2 secondes. Il propose donc de faciliter l'encodage en faisant l'hypothèse que les sujets âgés sains seront aidés mais pas les personnes ayant une (MA). Pour cela il propose de présenter sur un écran d'ordinateur 3 visages successivement pendant 2 secondes chacun  puis immédiatement un choix multiple pour chaque visage. La procédure est appliquée six fois de suite, il y a ainsi en tout 18 visages cibles et 54 distracteurs.

Un groupe de 16 personnes avec une MA (MMS=18.33 +/- 4.8) et de 16 sujets âgés sains (MMS=28.2 +/- 1.67) passent l'épreuve. Les résultats montrent que dans le groupe contrôle aucun sujet ne répond au hasard. Dans le groupe MA, 87% répondent encore au hasard (100% dans la version classique). Toutes les analyses montrent que cette version permet de mieux différencier les sujets sains des sujets MA.

La prochaine étape est d'étudier une façon de tester la reconnaissance différée.

Cet article souligne la difficulté de l'évaluation des personnes âgées et montre à quel point la nature même d'un test (longueur du test, temps de présentation...) peut entraver les résultats des personnes âgées. Il est primordial de tenir compte de ce type de variable afin de mieux pouvoir faire la distinction entre vieillissement normal et pathologique (Commentaires Chrystèle Mosca).

* Psychogeriatrics, 2007;1:37-39
"Socio-psychological factors in suicide with Alzheimer's disease: comparative case studies of two patients in the USA and Japan" Y. Kishikawa, R.-P. Friedland, H. Ueda, Y. Kitabayashi, K. Fukui

L'objectif de ces études de cas est de mettre en avant l'influence des aspects socio-psychologiques sur le comportement des patients atteints de maladie d'Alzheimer. Les auteurs font une analyse comparée de deux cas de suicide de patients en début de maladie, l'un aux Etats-Unis, l'autre au Japon. Le sentiment d'atteinte de la dignité de la personne est en cause dans le passage à l'acte suicidaire des deux cas présentés.

Cas n° 1 aux Etats-Unis :

Il s'agit d'un homme de 84 ans, ancien ingénieur industriel. Il s'est retiré de l'entreprise qu'il a créée pour profiter paisiblement de sa retraite lorsque son épouse décède en 1988, après une année d'hospitalisation pour une maladie de Parkinson. La famille décrit un état dépressif à la suite du décès de son épouse. Des troubles mnésiques sont apparus en 1989 suivis pendant l'année par l'altération de son langage et une aggravation des symptômes dépressifs. En 1990 le MMSE est à 19/30 et les examens complémentaires permettent de diagnostiquer une maladie d'Alzheimer dont il est informé.

En 1990 il est obligé d'emménager avec son fils et n'est plus autorisé à conduire. Il a été très perturbé de ses changements. En 1991 sa famille organise un voyage dans un hôtel dans lequel plusieurs de ses amis résident. Il ne voulait pas partir de peur que ses troubles soient remarqués par ses amis. Le jour du départ, il a sauté du balcon au troisième étage de sa maison, en laissant ses chaussures bien rangées devant la fenêtre. Sa famille a été surprise de la façon dont il a planifié ce geste par rapport aux difficultés qu'il rencontrait dans la vie quotidienne.

Cas n°2 au Japon :

Il s'agit d'un homme de 62 ans, directeur d'un garage et d'une concession de voiture. Les troubles mnésiques ont débutés il y a 18 mois. Le MMSE est de 21/30 et le bilan neuropsychologique objective des troubles mnésiques importants, une désorientation des troubles du langage, une perturbation des activités au travail, sans symptôme dépressif. Il a été informé qu'il avait une maladie du cerveau qui ne causait pas de démence, mais pas du diagnostic de maladie d'Alzheimer, contrairement à sa famille et à ses collègues (habitude japonaise). Par la suite il a tenté de pallier ses difficultés en prenant des notes sur un carnet. Malgré ce dispositif, les erreurs se sont renouvelées et il a du quitter la tête de son entreprise sur le conseil de ses collègues et de sa famille. L'interruption de son activité professionnelle et de la conduite ont  été très mal vécues par le patient, d'autant que c'est le fils d'un ex-directeur du garage qui lui a demandé de quitter son emploi. La situation est vécue comme une injustice et quelques semaines après il est retrouvé pendu dans son ancien garage par un moyen ingénieux impliquant une machine-outi. Une lettre était adressée à ses collègues et au futur directeur.

La dépression est souvent considérée comme une cause possible de l'acte suicidaire. Elle est un symptôme fréquent dans la maladie d'Alzheimer mais l'acte suicidaire reste un événement exceptionnel au cours de la maladie. Dans les cas exposés, les deux hommes sont à un stade débutant et d'autres facteurs que la dépression et la connaissance ou non de la pathologie sont à prendre en compte pour comprendre le passage à l'acte suicidaire. Le vécu de privation de l'indépendance est un des principaux facteurs affectant la qualité de vie des personnes malades d'Alzheimer. Ces deux cas montrent comment l'atteinte du sentiment de dignité peut amener au passage à l'acte suicidaire délibéré. Passage à l'acte qui nécessite une organisation et une planification impliquant des processus complexes.

Cet article a le mérite de traiter d'un sujet complexe et peut fréquent dans la maladie d'Alzheimer même si cette problématique se pose régulièrement dans la pratique. Il ne s'agit pas d'une étude permettant d'établir des généralités mais elle montre l'intérêt d'être attentif au discours et aux difficultés personnelles des patients. Par contre les auteurs n'abordent pas les possibilités de prise en charge psychothérapeutique ! (Commentaires Magdeleine Molines)

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