PETIT
BULLETIN du Gériatre et du Gérontologue
13ème
année
n° 2 - 22
janvier
2007
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Département
de Médecine Gériatrique et Communautaire
Fédération
de Gériatrie du CHU
de Grenoble
CMRR Grenoble Arc
Alpin
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Edito
Ce matin lundi
22
janvier 2007 à 05 h 25 l'Abbé Pierre est mort à
l'Hôpital du Val de Grâce. Cette date restera donc dans
l'histoire. Comme tous les Français je suis redevable à
ce grand homme d'avoir contribué par sa fraternité au
fait que ma conscience de citoyen solidaire reste en éveil !
Provocateur, dérangeur et poilagratteur, il s'est battu aussi
pour les âgés qui représentaient dans les
années 50 le gros des troupes des pauvres et des
précaires, avant que le Général De Gaulle ne
missionne en 1962 Pierre Laroque pour mettre au point la
première politique de la vieillesse. Merci et adieu Monsieur
l'Abbé Pierre [AF].
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Articles commentés
*
Gérontologie et Société. n°116-mars 2006 p.153
La contention
physique passive en gériatrie : une pratique courante, en
particulier la nuit, non modifiée par une meilleure application
des recommandations de l' ANAES. I.VEDEL , L. LECHOWSKI, I. SIMON,
C.LAZAROVOCI, M. DE STAMPA, V.PEDRONO, MAURIAT, E.BAGARAGAZA, J.ANKRI,
B.CASSOU
En 2000, l'ANAES a publié des
recommandations pour un meilleur usage des contentions physiques chez
la personne âgée. De nombreuses études montrent
l'inefficacité voir même la dangerosité de telles
pratiques. Un audit réalisé
à Ste.Périne
(Groupe hospitalier gériatrique parisien) en 2004, montre que la
contention (barrières de lit, ceinture pelvienne, tablette) est
une pratique courante utilisée pour près de 70% des
patients sans respect des recommandations ANAES. Une intervention a
été mise en oeuvre pour améliorer l'application
des recommandations (la prescription et la surveillance des
risques liés à la contention, l'inscription dans le
dossier du patient du motif de la contention et l'information
donnée à celui-ci.) et diminuer l'utilisation de la
contention par une étude épidémiologique de type
avant-après, réalisée entre février 2004 et
février 2005.
Résultats
: La prévalence des contentions et des matériels
utilisés est restée stable. L'application des
recommandations ANAES a été améliorée pour
la prescription (82,6% après contre 8.7% avant) - pour
l'inscription du motif de la contention dans le dossier (52,2%
après contre 3,5% avant ) mais peu ou pas d'amélioration
pour l'appréciation du bénéfice-risque et
l'inscription du motif de la contention.
Conclusion : cette intervention à type d'information et de
formation a permis d'améliorer certaines pratiques. Cette
étude montre également la difficulté à
changer nos habitudes de travail. Elle peut être un point de
départ pour une réflexion autour de nos propres
pratiques.
(Françoise
BARAILLER, infirmière gériatrique)
*
Gérontologie et Société n°116 p.161
Les obstacles a
l'adoption des recommandations concernant la contention physique
passive (CPP). E.BAGARAGAZA, I.VEDEL, B.CASSOU
Pourquoi l'intervention à titre
d'information et de formation du personnel soignant n'a pas
modifié le recours aux contentions dans les services de
gériatrie ?
Pour répondre à cette
question les
auteurs ont réalisé des entretiens semi directifs dans un
service de SSR auprès de 3 médecins, 2 cadres, 10 IDE, 15
AS de jour et de nuit. Les résultats de l'enquête montrent
que la CCP est mise en place le plus souvent pour prévenir les
chutes, les déambulations et les fugues. Viennent ensuite
les raisons suivantes : à la demande du patient, en
réponse à des problèmes organisationnels, pour se
protéger des patients agressifs, de peur d'être poursuivis
par les familles si le patient tombe, par habitude. Il n'y a pas de
réflexion sur les avantages et les risques de la contention
avant sa prescription. Et il existe une méconnaissance des
méthodes alternatives à la CPP de la part des soignants.
Conclusion : La mise en place d'une CPP
répond à une insécurité du soignant
générée, par l'état de santé
de la personne âgée, par l'environnement hospitalier qui
ne sécurise pas les personnes hébergées, et par le
manque chronique de personnel. La CPP est considérée par
l'ANAES comme une pratique potentiellement dangereuse, mais elle reste
une solution pour les soignants. Cette étude nous donne des
pistes pour diminuer le recours aux CPP dans nos unités de
soins. Communiquer les recommandations de l'ANAES au personnel
soignant ne suffit pas. Il est important de définir le rapport
bénéfice - risque de la contention pour chaque patient et
de travailler sur les raisons qui conduisent les soignants
à maintenir sa prescription. (Commentaire
Françoise BARAILLER, infirmière gériatrique)
* J Am
Geriatr
Soc. 2004 Nov;52(11):1863-9.
Cognitive impairment
in chronic kidney disease. Kurella M, Chertow GM, Luan J, Yaffe K.
La collaboration de plus en plus
étroite
avec nos amis neurologues pour la prise en charge des patients
présentant des troubles cognitifs est source, outre d'un
bienfait manifeste pour le patient, d'un enrichissement mutuel de nos
spécialités. Au fil des échanges professionnels,
on perçoit que notre culture gériatrique globalisante,
qui voit dans un état clinique donné, le résultat
de l'addition d'une multitude de facteurs : polypathologie,
iatrogenèse, carence nutritionnelle diverse, environnement
social etc... ne s'impose pas aussi naturellement au neurologue
souvent plus uniciste. Cette culture gériatrique a pour
corollaire une mentalité de « gagne petit »
gériatrique qui nous pousse face à une situation
clinique, à essayer de « gagner du terrain » sur
tous les facteurs cliniques éventuellement curables ou
améliorables mis en avant par l'Evaluation
Gériatrique.
Une discussion récente d'un cas
clinique,
nous amenait à discuter de l'influence de l'insuffisance
rénale chronique (IRC) sur les fonctions cognitives. L'article
semi-récent du JAGS, n'est pas à négliger car il
apporte dans une littérature finalement assez pauvre sur le
sujet, quelques éléments précis.
En résumé dans cet article :
les
statuts cognitifs de patients néphrologiques, assez jeunes (62
ans) sont comparés : 80 insuffisants rénaux chroniques
(IRC) (cl estimée : 25ml/mn) et 80 dialysés chroniques.
Tests utilisés : 3MS (fonction cognitive globale), TMTB,
California Verbal learning Trial short form, et aussi
différentes échelles: qualité de vie, GDS,
comorbidité (Charlson). Même après ajustement, les
dialysés ont des scores significativement plus
altérés aux tests cognitifs pratiqués. Les IRC ont
des scores eux aussi statistiquement plus mauvais que les cohortes de
références (non insuffisant rénal) pour ces tests.
Au sein de la population IRC, il y a une relation entre
sévérité de l'IRC et altération cognitive
notamment des fonctions exécutives.
Sans présumer de la cause de ce lien
(athérosclérose accélérée chez les
IRC, rôle de l'homocystéine, des cytokines
inflammatoires...), l'article conclut sur la contribution de l'IRC aux
troubles cognitifs. La question suivante reste cependant non
résolue : face à un patient IRC présentant des
troubles cognitifs, quelle amélioration cognitive peut-on
attendre de la dialyse ? (Commentaires
Matthieu DEBRAY)
* Healthy
Ageing.
A challenge for Europe.
The Swedish
National
Institute of Public Health ed., Stockholm 2007. ISBN: 91-7257-481-X.www.fhi.se
Document réalisé dans le
cadre d'un
programme européen avec l'OMS, AGE, EuroHealthNet. La France n'a
pas participé à l'initiative du programme qui relevait de
l'Autriche, la République Tchèque, l'Angleterre,
l'Ecosse, l'Italie, la Norvège, le Portugal, les Pays Bas, et la
Suède. Mais la France a participé à
l'enquête, représentée par la Direction
Générale de la Santé. Le programme français
Bien Vieillir est très cohérent avec les recommandations
européennes, mais il n'est pas mentionné dans le document
européen. A l'issue du travail, la définition
européenne du vieillissement en santé (Healthy Ageing)
est la suivante. Le vieillissement en santé est le processus
d'optimisation des opportunités pour que la santé
physique, sociale et mentale renforce la participation active sans
discrimination des personnes âgées à la
société, et qu'elles profitent d'une vie
indépendante et de bonne qualité. A 10
déterminants principaux (retraite et pré-retraite,
capital social, santé mentale, environnement, nutrition,
activité physique, prévention des accidents, toxiques,
médicamentation, service de prévention en santé)
s'ajoutent trois thèmes transversaux (inégalités
en santé et pauvreté, sexe, groupe minoritaire). Les
recommandations européennes édictent 5 principes de base
(les personnes âgées ont une valeur intrinsèque
dans la société, il n'est jamais trop tard pour
promouvoir la santé, équité en santé,
autonomie et contrôle personnel,
hétérogénéité). Elles s'adressent
aux décideurs politiques, à la recherche, à la
pratique et proposent des actions. Fondamental pour tout
gériatre et gérontologue. Ce document mérite une
lecture attentive et une présentation dans les milieux
professionnels de la gériatrie et de la santé publique. (Commentaires Alain FRANCO).
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Thèse
* Claire
GRANDIN de
l'EPREVIER. Difficultés qu'éprouve le médecin
généraliste lors des 72 dernières heures de vie
des patients qu'il accompagne en soins palliatifs à domicile.
Etude rétrospective auprès de 78 médecins du
bassin Grenoblois. Thèse de Médecine, Université
Joseph Fourier, Grenoble 1, décembre 2006.
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Infos
diverses E. Halvick
* BIOCRITT
Info. La
lettre des technologies de santé en Ile-de-France. Des infos
intéressantes sur les applications gérontechnologiques.
Edité par le BIOCRITT, Centre Régional d'Innovation et de
Transfert en Technologie Biomédicale. Mail : Contact@biocritt.fr Site : www.biocritt.fr
* La Télé du Médico-Social. Chaque jeudi, sur http://www.ehpatv.fr/,
des reportages, interviews, en audio/vidéo.
* « Prise en charge du traitement médicamenteux du
diabète de type 2 ». Actualisation des recommandations
AFSSAPS/HAS, novembre 2006. En ligne sur le site de l'HAS : http://www.has-sante.fr/portail/display.jsp?id=c_459308
* « Rapport sur le thème du sommeil », Dr
Jean-Pierre GIORDANELLA. Rapport à M. Xavier BERTRAND.
Ministère de la Santé et des Solidarités,
Ministère de la santé et des solidarités, Paris,
décembre 2006, 396 pages. Pages 76-78 : synthèse
Gériatrie : « Les troubles du sommeil chez le sujet
âgé ». Rapport en ligne sur le site de la
documentation française : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000899/0000.pdf
* « Les métiers en 2015 ». Olivier CHARDON,
Marc-Antoine ESTRADE. Rapport du groupe « Prospective des
métiers et qualifications ». Centre d'Analyse
Stratégique, DARES, janvier 2007. Pages 158-172 : « Les
aides et les soins aux personnes fragiles ». En ligne : http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_metiers_2015.pdf
* L'Assemblée générale des Nations Unis a
adopté la convention internationale sur les droits des personnes
handicapées et son protocole optionnel, le 13 décembre
2006. http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/AG10554.doc.htm.
Le texte de la convention est consultable à l'adresse : http://www.un.org/french/disabilities/convention/convention_full.shtml
* Dispositions pour
les personnes âgées et personnes handicapées dans
la LFSS pour 2007 : (Cette information intervient sous réserve
de la décision du Conseil Constitutionnel sur la LFSS 2007).
- Réforme des USLD : Les USLD ont jusqu'au 30 juin 2009 - et non
plus jusqu'au 1er Janvier 2007 - pour déterminer les lits
restant dans le domaine sanitaire et ceux basculant en EHPAD.
- Obligation alimentaire : Les établissements publics sociaux et
médico-sociaux sont autorisés à exercer des
recours contre les obligés alimentaires des résidents.
- Médecin coordonnateur : Le médecin coordonnateur d'un
EHPAD sera autorisé à accéder au dossier
médical personnel (DMP) de ses patients, sous réserve de
l'accord de la personne ou de son représentant légal.
- Médicaments : Les EHPAD sans PUI pourront passer convention
avec des pharmacies d'officine pour la fourniture de médicaments
et de dispositifs médicaux.
- CNAS : Va participer au financement des actions de formation des
personnels du secteur du handicap. Va assumer le coût de
l'assurance vieillesse du parent au foyer pour une personne
âgée et pour une personne handicapée.
- Prévention : Consultation de prévention gratuite pour
les personnes de plus de 70 ans pour repérer précocement
les troubles cliniques liés au vieillissement.
- Création du congé de soutien familial non
rémunéré de trois mois, renouvelable, avec un
maximum d'un an cumulé. Permet à une personne de cesser
son activité professionnelle pour s'occuper d'un membre de sa
famille présentant un handicap ou une perte d'autonomie «
d'une particulière gravité ».
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Cherche
E. Halvick
* Poste de PH temps plein à pourvoir
en juin 2007 en médecine gériatrique dans le cadre
d'une filière complète au CH de SAINT-DIE 88100 (Vosges).
Contact : Dr RUSSO. Tél : 03 29 52 68 77 - Email : luciano.russo@ch-saintdie.atrium.rss.fr
* Le CCAS de la ville de Grenoble recherche
des médecins coordonnateurs pour les structures LFPA
(Logement Foyer), EHPAD, Centres de Soins Infirmiers et Services de
Soins Infirmiers à Domicile. Pour acte de candidature (lettre de
motivation + CV + diplômes) : CCAS de la Ville de Grenoble,
Direction des Ressources Humaines, 28 galerie de l'Arlequin, 38029
Grenoble Cedex 2.
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Visioconférence
Grenoble, Annecy
Françoise BARAILLER, Alina BATIR, Catherine BIOTEAU, Philippe
CROZE, Matthieu DEBRAY (Annecy), Alain FRANCO, Gaëtan GAVAZZI,
Nassira HADRI, Elizabeth HALVICK, Claire MILLET, Bahmane MOHEB
(Annecy), Sandrine MOINE (Annecy), Kamel OUZAID, Françoise PICOT
(Annecy), Mélanie TADJ.
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ESPACE
ETHIQUE ALZHEIMER
CMRR Grenoble et Arc Alpin
N° : 35 9 janvier 2007 |
Présentation :
Stéphanie
Grosjean (AS, CCAS Grenoble) et Michèle Thibaut (médecin
service APA)
Il s'agit de la fille d'une malade qui
interpelle
le CCAS de Grenoble afin que des professionnels cautionnent
l'enfermement à clé de sa mère à son
domicile la nuit.
Cette fille avait alerté les
urgences pour
hospitaliser sa mère dans un contexte d'aggravation
récente d'un état démentiel, se
concrétisant par des levers nocturnes avec déambulation
dans la rue. Les urgences ne pouvant l'accueillir lui avait
suggéré de l'enfermer à son domicile.
La patiente qui semble opposante à
toute
aide (pour elle « tout va bien ») est en attente
d'institution en unité psychogériatrique.
Sa fille vient donc tous les soirs fermer
sa porte
à clé en prenant soin de mettre un mot sur
l'extérieur de la porte et d'avertir les voisins de la situation.
Le questionnement éthique concerne
la
privation de liberté chez une personne dont les capacités
de jugement sont défaillantes. Au-delà du problème
éthique se pose l'évaluation des risques objectifs.
La
patiente
est-elle plus en danger fermée à clé chez elle que
déambulant la nuit dans la rue ? Comment protéger sans
nuire ? Comment protéger sans porter atteinte à la
liberté ?
La fille en question a besoin de partager
la
décision d'enfermement avec des professionnels pour
alléger sa part de responsabilité. Nous sommes dans une
situation de crise et la solution consiste à rechercher la moins
pire.
Lors d'un précédent Espace
Ethique
Les représentantes de famille de malades avaient
déjà fait remarquer combien l'insécurité et
la responsabilité qu'elle représente, motivait
l'entrée en institution. Naturellement le groupe fait le
parallèle avec la contention physique...
Cette situation nous renforce dans
l'idée
qu'il manque un lieu au CHU pouvant recueillir les appels et les
questionnements des familles pour les orienter et les soutenir dans
leurs démarches.
Compte Rendu
: C. Montani, M. Molines
Prochaine
réunion : salle Michel Frossard, E. Chatin, CHU de
Grenoble - Mardi 6 février 2007 à 16H15 |
SUPPLEMENT
DU PBGG -
Mensuel de Neuropsychologie
Département de Médecine Gériatrique et
Communautaire - CMRR Grenoble Arc Alpin
REUNION BIBLIOGRAPHIQUE - PAVILLON
ELISEE CHATIN
Vol.1 n°15
- Janvier 2007
Pour l'envoi de vos références et
résumés : Chrystèle MOSCA
(CMosca@chu-grenoble.fr)
Tél. 04 76 76 75 75 poste 63420 |
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Forum de la SNLF sur la MDT,
deuxième partie. Rééducation
de la mémoire de travail et aspects cliniques
* Claire
Vallat-Azouvi «Rééducation cognitive de
la MDT».
Claire Vallat
décrit un programme de
rééducation spécifique de la MDT (Boucle
Phonologique + AC et Calepin visuospatial+ AC) qui a
été proposé à des patients ayant eu un TC
et à des patients ayant eu un AVC. Un questionnaire de plaintes
relatives à la MDT est préalablement soumis au patient et
à la famille. Deux mesures sont effectuées : avant la
rééducation afin de s'assurer de la stabilité des
troubles puis, une mesure en post-thérapie. Les patients sont
vus en moyenne une heure par semaine pendant six mois. La
rééducation spécifique BP + AC comporte 8 types de
tâches avec 5 niveaux de difficulté s'appuyant sur la
longueur des mots, la fréquence des mots et le degré
d'imagerie de ces mots. Les tâches sont les suivantes :
reconstruction de mots sur épellation orale puis avec une
lettre manquante ; épellation orale ; reconstruction de mots
à partir de syllabes ; chemin alphabétique ; arrangement
de mots dans l'ordre alphabétique ; acronymes ... Après
25 séances, il y a une amélioration des performances aux
tâches d'empan, de compréhension de texte mais aussi de
meilleures compétences à la communication. Ceci
n'est qu'un exemple, d'autres ont été
développés notamment concernant le calepin
visuo-spatiale. Ceci va dans le sens de l' efficacité d'une
rééducation spécifique modulaire. Cependant, des
limites sont soulevées en lien avec le degré
d'implication plus ou moins élevé des patients, de la
présence de troubles de l'humeur (syndrome dépressif,
syndrome d'anxiété généralisée...).
L'effet test-retest est également discuté avec cette
méthode.
* Julie Duval et
Françoise Coyette « Programme multifactoriel , cognitif et
écologique de rééducation de la MDT »
Ce programme est
basé sur le modèle
de Baddeley et comprend deux parties :
- une partie « rééducation cognitive » qui se
divise en trois sous-programmes ciblant trois fonctions de l'AC :
charge mentale ; mise à jour ; gestion des interférences.
- une partie « rééducation écologique
» s'appuyant sur une analyse de scénari (sans charge
mentale) puis une mise en situation réelle liée à
chaque fonction de l'AC.
Voici un
déroulement possible :
1/
ligne de base
complète y compris pour les 3 fonctions de l'AC
2/ ligne de base cognitive concernant les 3 fonctions de l'AC avec des
tests différents
3/ ligne de base écologique (par exemple pour la mise à
jour : écouter plusieurs horaires de trajets de train et ne
retenir que celui le plus court pour aller à Liège)
4/ séance d'information sur le fonctionnement de la MDT
5/ rééducation « charge mentale » puis lignes
de base cognitive et écologique
6/ rééducation « mise à jour » puis
lignes de base cognitive et écologique
7/ rééducation « gestion des interférences
» puis lignes de base cognitive et écologique
8/ évaluation mi-thérapeutique
9/ rééducation écologique puis lignes de base
cognitive et écologique
10/ mise en situation écologique puis lignes de base cognitive
et écologique
11/ évaluation puis lignes de base
cognitive et écologique
12/ 3 mois après tests classiques de bilan et lignes de base
cognitive et écologique
Dans une même
séance il est aussi
possible de combiner rééducation cognitive et
écologique. Il s'avère que ce programme globale s'est
montré efficace et qu'une relation entre les fonctions «
charge mentale » et « gestion des interférences
» existe : quand l'une est améliorée, l'autre
également. Il semble aussi que la rééducation
cognitive a un effet sur la rééducation écologique
et vice versa.
* Géraldine
Lepuits et Valentine Demoulin «Approche écologique de la
MDT : application dans le cadre professionnel »
Un exemple concret de
prise en charge nous est
présenté. Il s'agit d'une femme qui reprend le travail
après un accident de type « whiplash » et
éprouve d'importantes difficultés (stokage + traitement ;
gestion de doubles tâches). Un apprentissage explicite de mise en
place de stratégies pour pallier les troubles de MDT
associé à un transfert au quotidien est proposé.
Dans les séances un temps important est pris pour repérer
les situations mettant en jeu la MDT pendant le travail, pour
réfléchir à une manière de pallier cette
situation et élaborer une stratégie et ensuite
l'appliquer sur le terrain. Des exercices d'attention, de stockage +
traitement puis doubles tâches sont aussi
réalisés. Des lignes de bases et un bilan de
contrôle à distance de la prise en charge sont
également faits. Il s'agit d'une prise en charge
personnalisée et écologique qui favorise l'autonomie et
empêche la chronicité des troubles souvent décrite
après un traumatisme crânien léger.
* Fabienne
Colette «MDT et vieillissement normal»
Une diminution des
empans et des capacités
de mémoire de travail est observée au cours du
vieillissement. La boucle phonologique apparaît indemne au regard
de nombreuses recherches. En revanche, une altération des
fonctions de l'AC est souvent évoquée pour rendre compte
de ces observations. L'hypothèse selon laquelle il s'agirait
d'une conséquence de la diminution de la vitesse de traitement
reste débattue. Concernant les fonctions de l'AC : la
capacité de mise à jour semble déficitaire sans
modération par la vitesse de traitement ; la coordination de
tâche double est indemne ; il existe une atteinte
sélective des processus inhibiteurs ; la flexibilité
mentale peut être déficitaire mais il faut s'assurer que
des aspects attentionnels ou exécutifs n'expliquent pas les
performances. Les perspectives de recherches restent encore
nombreuses notamment concernant la nature exacte des troubles
observés.
* Stéphane
Adam «MDT et vieillissement pathologique»
Au cours de la maladie
d'Alzheimer les troubles de
MDT sont également présents cependant il est difficile
d'extraire des explications concernant l'origine de ces troubles
compte tenu de l'hétérogénéité des
profils, du stade de la maladie et de la grande
variété des tâches explorant les fonctions de l'AC.
Une revue de la littérature est faite en reprenant les
différentes fonctions de l'AC. Les différences
observées sont souvent quantitatives (par exemple, au cours des
tâches de génération aléatoire les
réponses stéréotypées sont plus nombreuses
chez les patients atteints de maladie d'Alzheimer que chez les sujets
contrôle) mais sur le plan qualitatif les choses sont encore
floues car les paradigmes utilisés sont divers. Dans la pratique
courante l'intérêt est donc avant tout leur
interprétation en conjonction avec d'autres tests.
* Martial Van Der
Linden «MDT, dépression et
anxiété»
Il faut être
vigilant au problème
diagnostic en lien avec les conséquences de la
dépression et de l'anxiété sur les performances de
la MDT. Le déficit de vitesse de traitement et de MDT semble
être une caractéristique de la personne
déprimée. Plus il y a eu d'épisodes
dépressifs et plus l'existence d'une plainte mnésique et
de troubles mnésiques est fréquente de même qu'une
atrophie de l'hippocampe ce qui complexifie encore les questions
diagnostiques. De même, l'anxiété diminue les
capacités de MDT.
Une réduction
des capacités de MDT
peut ainsi être la conséquences de plusieurs choses
(âge, dépression, anxiété...). Il est
important de noter qu'en changeant nos consignes de présentation
des tests les performances varient : les jeunes ont de meilleures
performances que les âgés avec des consignes de type
« promotion » ( il y a beaucoup de points à
gagner... ) alors que les personnes âgées ont de meilleurs
scores que les sujets jeunes avec des consignes de type «
prévention » (faites attention c'est une épreuve
difficile...).
Il est primordial de
prendre en compte la
personnalité et de ne pas faire des évaluations
neuropsychologiques « mécanicistes ».
Voici la fin des aperçus de quelques communications du Forum de
la SNLF. L'intégralité du forum sera publié
dans un livre aux Editions SOLAL dans le courant de l'année.
Article
commenté
* The American
Journal of Geriatric Psychiatry. Vol. 14, N. 12, December 2006.
Vitamin D Deficiency
is associated with low mood and worse performance in Older Adults.
Consuelo H. Wilkins, M.D., Yvette I. Sheine, M.D., Catherine M.
Roe, Ph.D., Stanley J. Birge, M.D., John C. Morris, M.D.
Cet article
rappèle qu'un déficit en
vitamine D est souvent observé dans les maladies psychiatriques
et neurologiques (la prévalence d'un tel déficit est en
effet important chez les femmes atteintes de maladie d'Alzheimer :
74%). Les auteurs examinent ici les relations entre vitamine D, humeur,
performances physiques (test de performance physique inspiré de
celui de Reuben et Siu) et performances cognitives. Ils comparent 40
personnes âgées avec un diagnostic de maladie d'Alzheimer
et 40 personnes âgées sans maladie d'Alzheimer. Les
mesures cognitives sont faites avec les épreuves suivantes :
MMS, short blessed test et CDR. Un questionnaire de dépression
est également proposé. Le niveau en vitamine D est
mesuré et trois groupes sont distingués : niveau
suffisant en vitamine D ; niveau insuffisant ; niveau
déficitaire.
Au total 58% des
sujets ont un taux insuffisant en
vitamine D.
Les personnes
âgées qui ont une
insuffisance et un déficit en vitamine D ont davantage de
troubles de l'humeur. De plus, le déficit en vitamine D est
souvent associé à de plus mauvais scores à
la CDR et au « short blessed test ».
Les auteurs invitent
à la prudence quant
à l'interprétation de ces résultats : les niveaux
en vitamine D peuvent en effet fluctuer et ceci n'a pas
été pris en compte ici ; des études longitudinales
seraient intéressantes à développer et il faudrait
étoffer l'échantillon de sujets afin de mieux
préciser les liens entre insuffisance en vitamine D et fonctions
cognitives.
(Encore une recherche
qui souligne que le
diagnostic différentiel entre vieillissement normal et
pathologique est complexe et nécessite une investigation
poussée.
(Commentaire
Chrystèle MOSCA).
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