PETIT BULLETIN du Gériatre et du Gérontologue
13ème année 
n° 2 - 22 janvier 2007
Département de Médecine Gériatrique et Communautaire
Fédération de Gériatrie du CHU de Grenoble
CMRR Grenoble Arc Alpin

REUNION BIBLIOGRAPHIQUE       PAVILLON ELISEE CHATIN
Infos : Élisabeth HALVICK, tél. 04 76 76 54 21, fax 04 76  76 55 76
Pour l'envoi de vos références et résumés : Afranco@chu-grenoble.fr

EpingleEdito

Ce matin lundi 22 janvier 2007 à 05 h 25 l'Abbé Pierre est mort à l'Hôpital du Val de Grâce. Cette date restera donc dans l'histoire. Comme tous les Français je suis redevable à ce grand homme d'avoir contribué par sa fraternité au fait que ma conscience de citoyen solidaire reste en éveil ! Provocateur, dérangeur et poilagratteur, il s'est battu aussi pour les âgés qui représentaient dans les années 50 le gros des troupes des pauvres et des précaires, avant que le Général De Gaulle ne missionne en 1962 Pierre Laroque pour mettre au point la première politique de la vieillesse. Merci et adieu Monsieur l'Abbé Pierre [AF].

EpingleArticles commentés

* Gérontologie et Société. n°116-mars 2006 p.153
La contention physique passive en gériatrie : une pratique courante, en particulier la nuit, non modifiée par une meilleure application des recommandations de l' ANAES. I.VEDEL , L. LECHOWSKI, I. SIMON, C.LAZAROVOCI, M. DE STAMPA, V.PEDRONO, MAURIAT, E.BAGARAGAZA, J.ANKRI, B.CASSOU

En 2000, l'ANAES a publié des recommandations pour un meilleur usage des contentions physiques chez la personne âgée. De nombreuses études montrent l'inefficacité voir même la dangerosité de telles pratiques. Un audit réalisé à Ste.Périne (Groupe hospitalier gériatrique parisien) en 2004, montre que la contention (barrières de lit, ceinture pelvienne, tablette) est une pratique courante utilisée pour près de 70% des patients sans respect des recommandations ANAES. Une intervention a été mise en oeuvre pour améliorer l'application des recommandations (la  prescription et la surveillance des risques liés à la contention, l'inscription dans le dossier du patient du motif de la contention et l'information donnée à celui-ci.) et diminuer l'utilisation de la contention par une étude épidémiologique de type avant-après, réalisée entre février 2004 et février 2005.

Résultats : La prévalence des contentions et des  matériels utilisés est restée stable. L'application des recommandations ANAES a été améliorée pour la prescription (82,6% après contre 8.7% avant) - pour l'inscription du motif de la contention dans le dossier (52,2% après contre 3,5% avant ) mais peu ou pas d'amélioration pour l'appréciation du bénéfice-risque et l'inscription du motif de la contention.
Conclusion : cette intervention à type d'information et de formation a permis d'améliorer certaines pratiques. Cette étude montre également la difficulté à changer nos habitudes de travail. Elle peut être un point de départ  pour une réflexion autour de nos propres pratiques.
(Françoise BARAILLER, infirmière gériatrique)

* Gérontologie et Société  n°116 p.161
Les obstacles a l'adoption des recommandations concernant la contention physique passive (CPP). E.BAGARAGAZA, I.VEDEL, B.CASSOU

Pourquoi l'intervention à titre d'information et de formation du personnel soignant n'a pas modifié le recours aux contentions dans les services de gériatrie ?

Pour répondre à cette question les auteurs ont réalisé des entretiens semi directifs dans un service de SSR auprès de 3 médecins, 2 cadres, 10 IDE, 15 AS de jour et de nuit. Les résultats de l'enquête montrent que la CCP est mise en place le plus souvent pour prévenir les chutes, les déambulations et les fugues. Viennent ensuite  les raisons suivantes : à la demande du patient, en réponse à des problèmes organisationnels, pour se protéger des patients agressifs, de peur d'être poursuivis par les familles si le patient tombe, par habitude. Il n'y a pas de réflexion sur les avantages et les risques de la contention avant sa prescription. Et il existe une méconnaissance des méthodes alternatives à la CPP de la part des soignants.

Conclusion : La mise en place d'une CPP répond à une insécurité du soignant générée,  par l'état de santé de la personne âgée, par l'environnement hospitalier qui ne sécurise pas les personnes hébergées, et par le manque chronique de personnel. La CPP est considérée par l'ANAES comme une pratique potentiellement dangereuse, mais elle reste une solution pour les soignants. Cette étude nous donne des pistes pour  diminuer le recours aux CPP dans nos unités de soins.  Communiquer les recommandations de l'ANAES au personnel soignant ne suffit pas. Il est important de définir le rapport bénéfice - risque de la contention pour chaque patient et de  travailler sur les raisons qui conduisent les soignants à maintenir sa prescription. (Commentaire Françoise BARAILLER, infirmière gériatrique)

* J Am Geriatr Soc. 2004 Nov;52(11):1863-9.
Cognitive impairment in chronic kidney disease. Kurella M, Chertow GM, Luan J, Yaffe K.

La collaboration de plus en plus étroite avec nos amis neurologues pour la prise en charge des patients présentant des troubles cognitifs est source, outre d'un bienfait manifeste pour le patient, d'un enrichissement mutuel de nos spécialités. Au fil des échanges professionnels, on perçoit que notre culture gériatrique globalisante, qui voit dans un état clinique donné, le résultat de l'addition d'une multitude de facteurs : polypathologie, iatrogenèse, carence nutritionnelle diverse, environnement social etc...  ne s'impose pas aussi naturellement au neurologue souvent plus uniciste. Cette culture gériatrique a pour corollaire une mentalité de « gagne petit »  gériatrique qui nous pousse face à une situation clinique, à essayer de « gagner du terrain » sur tous les facteurs cliniques éventuellement curables ou améliorables mis en avant par l'Evaluation Gériatrique. 

Une discussion récente d'un cas clinique, nous amenait à discuter de l'influence de l'insuffisance rénale chronique (IRC) sur les fonctions cognitives. L'article semi-récent du JAGS, n'est pas à négliger car il apporte dans une littérature finalement assez pauvre sur le sujet, quelques éléments précis.

En résumé dans cet article : les statuts cognitifs de patients néphrologiques, assez jeunes (62 ans) sont comparés : 80 insuffisants rénaux chroniques (IRC) (cl estimée : 25ml/mn) et 80 dialysés chroniques. Tests utilisés : 3MS (fonction cognitive globale), TMTB, California Verbal learning Trial short form, et aussi différentes échelles: qualité de vie, GDS, comorbidité (Charlson). Même après ajustement, les dialysés ont des scores significativement plus altérés aux tests cognitifs pratiqués. Les IRC ont des scores eux aussi statistiquement plus mauvais que les cohortes de références (non insuffisant rénal) pour ces tests. Au sein de la population IRC, il y a une relation entre sévérité de l'IRC et altération cognitive notamment des fonctions exécutives.

Sans présumer de la cause de ce lien (athérosclérose accélérée chez les IRC, rôle de l'homocystéine, des cytokines inflammatoires...), l'article conclut sur la contribution de l'IRC aux troubles cognitifs. La question suivante reste cependant non résolue : face à un patient IRC présentant des troubles cognitifs, quelle amélioration cognitive peut-on attendre de la dialyse ? (Commentaires Matthieu DEBRAY)

* Healthy Ageing. A challenge for Europe.
The Swedish National Institute of Public Health ed., Stockholm 2007. ISBN: 91-7257-481-X.www.fhi.se

Document réalisé dans le cadre d'un programme européen avec l'OMS, AGE, EuroHealthNet. La France n'a pas participé à l'initiative du programme qui relevait de l'Autriche, la République Tchèque, l'Angleterre, l'Ecosse, l'Italie, la Norvège, le Portugal, les Pays Bas, et la Suède. Mais la France a participé à l'enquête, représentée par la Direction Générale de la Santé. Le programme français Bien Vieillir est très cohérent avec les recommandations européennes, mais il n'est pas mentionné dans le document européen. A l'issue du travail, la définition européenne du vieillissement en santé (Healthy Ageing) est la suivante. Le vieillissement en santé est le processus d'optimisation des opportunités pour que la santé physique, sociale et mentale renforce la participation active sans discrimination des personnes âgées à la société, et qu'elles profitent d'une vie indépendante et de bonne qualité. A 10 déterminants principaux (retraite et pré-retraite, capital social, santé mentale, environnement, nutrition, activité physique, prévention des accidents, toxiques, médicamentation, service de prévention en santé) s'ajoutent trois thèmes transversaux (inégalités en santé et pauvreté, sexe, groupe minoritaire). Les recommandations européennes édictent 5 principes de base (les personnes âgées ont une valeur intrinsèque dans la société, il n'est jamais trop tard pour promouvoir la santé, équité en santé, autonomie et contrôle personnel, hétérogénéité). Elles s'adressent aux décideurs politiques, à la recherche, à la pratique et proposent des actions. Fondamental pour tout gériatre et gérontologue. Ce document mérite une lecture attentive et une présentation dans les milieux professionnels de la gériatrie et de la santé publique. (Commentaires Alain FRANCO).

EpingleThèse

* Claire GRANDIN de l'EPREVIER. Difficultés qu'éprouve le médecin généraliste lors des 72 dernières heures de vie des patients qu'il accompagne en soins palliatifs à domicile. Etude rétrospective auprès de 78 médecins du bassin Grenoblois. Thèse de Médecine, Université Joseph Fourier, Grenoble 1, décembre 2006.

EpingleInfos diverses E. Halvick

* BIOCRITT Info. La lettre des technologies de santé en Ile-de-France. Des infos intéressantes sur les applications gérontechnologiques. Edité par le BIOCRITT, Centre Régional d'Innovation et de Transfert en Technologie Biomédicale. Mail : Contact@biocritt.fr Site : www.biocritt.fr

* La Télé du Médico-Social. Chaque jeudi, sur http://www.ehpatv.fr/, des reportages, interviews, en audio/vidéo.

* « Prise en charge du traitement médicamenteux du diabète de type 2 ». Actualisation des recommandations AFSSAPS/HAS, novembre 2006. En ligne sur le site de l'HAS : http://www.has-sante.fr/portail/display.jsp?id=c_459308

* « Rapport sur le thème du sommeil », Dr Jean-Pierre GIORDANELLA. Rapport à M. Xavier BERTRAND. Ministère de la Santé et des Solidarités, Ministère de la santé et des solidarités, Paris, décembre 2006, 396 pages. Pages 76-78 : synthèse Gériatrie : « Les troubles du sommeil chez le sujet âgé ». Rapport en ligne sur le site de la documentation française : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000899/0000.pdf

* « Les métiers en 2015 ». Olivier CHARDON, Marc-Antoine ESTRADE. Rapport du groupe « Prospective des métiers et qualifications ». Centre d'Analyse Stratégique, DARES, janvier 2007. Pages 158-172 : « Les aides et les soins aux personnes fragiles ». En ligne : http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_metiers_2015.pdf

* L'Assemblée générale des Nations Unis a adopté la convention internationale sur les droits des personnes handicapées et son protocole optionnel, le 13 décembre 2006. http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/AG10554.doc.htm. Le texte de la convention est consultable à l'adresse : http://www.un.org/french/disabilities/convention/convention_full.shtml

* Dispositions pour les personnes âgées et personnes handicapées dans la LFSS pour 2007 : (Cette information intervient sous réserve de la décision du Conseil Constitutionnel sur la LFSS 2007).
- Réforme des USLD : Les USLD ont jusqu'au 30 juin 2009 - et non plus jusqu'au 1er Janvier 2007 -  pour déterminer les lits restant dans le domaine sanitaire et ceux basculant en EHPAD.
- Obligation alimentaire : Les établissements publics sociaux et médico-sociaux sont autorisés à exercer des recours contre les obligés alimentaires des résidents.
- Médecin coordonnateur : Le médecin coordonnateur d'un EHPAD sera autorisé à accéder au dossier médical personnel (DMP) de ses patients, sous réserve de l'accord de la personne ou de son représentant légal.
- Médicaments : Les EHPAD sans PUI pourront passer convention avec des pharmacies d'officine pour la fourniture de médicaments et de dispositifs médicaux.
- CNAS : Va participer au financement des actions de formation des personnels du secteur du handicap. Va assumer le coût de l'assurance vieillesse du parent au foyer pour une personne âgée et pour une personne handicapée.
- Prévention : Consultation de prévention gratuite pour les personnes de plus de 70 ans pour repérer précocement les troubles cliniques liés au vieillissement.
- Création du congé de soutien familial non rémunéré de trois mois, renouvelable, avec un maximum d'un an cumulé. Permet à une personne de cesser son activité professionnelle pour s'occuper d'un membre de sa famille présentant un handicap ou une perte d'autonomie « d'une particulière gravité ».

EpingleCherche E. Halvick

* Poste de PH temps plein à pourvoir en juin 2007 en médecine gériatrique dans le cadre d'une filière complète au CH de SAINT-DIE 88100 (Vosges). Contact : Dr RUSSO. Tél : 03 29 52 68 77 - Email : luciano.russo@ch-saintdie.atrium.rss.fr

* Le CCAS de la ville de Grenoble recherche des médecins coordonnateurs pour les structures LFPA (Logement Foyer), EHPAD, Centres de Soins Infirmiers et Services de Soins Infirmiers à Domicile. Pour acte de candidature (lettre de motivation + CV + diplômes) : CCAS de la Ville de Grenoble, Direction des Ressources Humaines, 28 galerie de l'Arlequin, 38029 Grenoble Cedex 2.

EpingleVisioconférence

Grenoble, Annecy

Françoise BARAILLER, Alina BATIR, Catherine BIOTEAU, Philippe CROZE, Matthieu DEBRAY (Annecy), Alain FRANCO, Gaëtan GAVAZZI, Nassira HADRI, Elizabeth HALVICK, Claire MILLET, Bahmane MOHEB (Annecy), Sandrine MOINE (Annecy), Kamel OUZAID, Françoise PICOT (Annecy), Mélanie TADJ.

ESPACE ETHIQUE ALZHEIMER
CMRR Grenoble et Arc Alpin
 N° : 35   9 janvier 2007
EpinglePrésentation :

Stéphanie Grosjean (AS, CCAS Grenoble) et Michèle Thibaut (médecin service APA)

Il s'agit de la fille d'une malade qui interpelle le CCAS de Grenoble afin que des professionnels cautionnent l'enfermement à clé de sa mère à son domicile la nuit.

Cette fille avait alerté les urgences pour hospitaliser sa mère dans un contexte d'aggravation récente d'un état démentiel, se concrétisant par des levers nocturnes avec déambulation dans la rue. Les urgences ne pouvant l'accueillir lui avait suggéré de l'enfermer à son domicile.

La patiente qui semble opposante à toute aide (pour elle « tout va bien ») est en attente d'institution en unité psychogériatrique.

Sa fille vient donc tous les soirs fermer sa porte à clé en prenant soin de mettre un mot sur l'extérieur de la porte et d'avertir les voisins de la situation.

Le questionnement éthique concerne la privation de liberté chez une personne dont les capacités de jugement sont défaillantes. Au-delà du problème éthique se pose l'évaluation des risques objectifs.

La patiente est-elle plus en danger fermée à clé chez elle que déambulant la nuit dans la rue ? Comment protéger sans nuire ? Comment protéger sans porter atteinte à la liberté ?

La fille en question a besoin de partager la décision d'enfermement avec des professionnels pour alléger sa part de responsabilité. Nous sommes dans une situation de crise et la solution consiste à rechercher la moins pire.

Lors d'un précédent Espace Ethique Les représentantes de famille de malades avaient déjà fait remarquer combien l'insécurité et la responsabilité qu'elle représente, motivait l'entrée en institution. Naturellement le groupe fait le parallèle avec la contention physique...

Cette situation nous renforce dans l'idée qu'il manque un lieu au CHU pouvant recueillir les appels et les questionnements des familles pour les orienter et les soutenir dans leurs démarches.

Compte Rendu : C. Montani, M. Molines
Prochaine réunion : salle Michel Frossard, E. Chatin,  CHU de Grenoble -  Mardi 6 février 2007 à 16H15
SUPPLEMENT DU PBGG - Mensuel de Neuropsychologie
Département de Médecine Gériatrique et Communautaire - CMRR Grenoble Arc Alpin
REUNION BIBLIOGRAPHIQUE - PAVILLON ELISEE CHATIN

Vol.1  n°15 - Janvier 2007

Pour  l'envoi de vos références et résumés : Chrystèle MOSCA
(CMosca@chu-grenoble.fr) Tél. 04 76 76 75 75 poste 63420

EpingleForum de la SNLF sur la MDT, deuxième partie. Rééducation de la mémoire de travail et aspects cliniques

* Claire Vallat-Azouvi  «Rééducation cognitive de la  MDT».

Claire Vallat décrit un programme de rééducation spécifique de la MDT (Boucle Phonologique + AC et Calepin visuospatial+ AC)  qui a été proposé à des patients ayant eu un TC et à des patients ayant eu un AVC. Un questionnaire de plaintes relatives à la MDT est préalablement soumis au patient et à la famille. Deux mesures sont effectuées : avant la rééducation afin de s'assurer de la stabilité des troubles puis, une mesure en post-thérapie. Les patients sont vus en moyenne une heure par semaine pendant six mois. La rééducation spécifique BP + AC comporte 8 types de tâches avec 5 niveaux de difficulté s'appuyant sur la longueur des mots, la fréquence des mots et le degré d'imagerie de ces mots.  Les tâches sont les suivantes : reconstruction de mots sur épellation orale puis  avec une lettre manquante ; épellation orale ; reconstruction de mots à partir de syllabes ; chemin alphabétique ; arrangement de mots dans l'ordre alphabétique ; acronymes ... Après 25 séances, il y a une amélioration des performances aux tâches d'empan, de compréhension de texte mais aussi de meilleures compétences à la  communication. Ceci n'est qu'un exemple, d'autres ont été développés notamment concernant le calepin visuo-spatiale. Ceci va dans le sens de l' efficacité d'une rééducation spécifique modulaire. Cependant, des limites sont soulevées en lien avec le degré d'implication plus ou moins élevé des patients, de la présence de troubles de l'humeur (syndrome dépressif, syndrome d'anxiété généralisée...). L'effet test-retest est également discuté avec cette méthode.

* Julie Duval et Françoise Coyette « Programme multifactoriel , cognitif et écologique de rééducation de la MDT »

Ce programme est basé sur le modèle de Baddeley et comprend deux parties :
- une partie « rééducation cognitive » qui se divise en trois sous-programmes ciblant trois fonctions de l'AC : charge mentale ; mise à jour ; gestion des interférences.
- une partie « rééducation écologique » s'appuyant sur une analyse de scénari (sans charge mentale) puis une mise en situation réelle liée à chaque fonction de l'AC.

Voici un déroulement possible :

1/ ligne de base complète y compris pour les 3 fonctions de l'AC
2/ ligne de base cognitive concernant les 3 fonctions de l'AC avec des tests différents
3/ ligne de base écologique (par exemple pour la mise à jour : écouter plusieurs horaires de trajets de train et ne retenir que celui le plus court pour aller à Liège)
4/ séance d'information sur le fonctionnement de la MDT
5/ rééducation « charge mentale » puis lignes de base cognitive et écologique
6/ rééducation « mise à jour » puis lignes de base cognitive et écologique
7/ rééducation « gestion des interférences » puis lignes de base cognitive et écologique
8/ évaluation mi-thérapeutique
9/ rééducation écologique puis lignes de base cognitive et écologique
10/ mise en situation écologique puis lignes de base cognitive et écologique

11/ évaluation puis lignes de base cognitive et écologique
12/ 3 mois après tests classiques de bilan et lignes de base cognitive et écologique

Dans une même séance il est aussi possible de combiner rééducation cognitive et écologique. Il s'avère que ce programme globale s'est montré efficace et qu'une relation entre les fonctions « charge mentale » et « gestion des interférences » existe : quand l'une est améliorée, l'autre également. Il semble aussi que la rééducation cognitive a un effet sur la rééducation écologique et vice versa.

* Géraldine Lepuits et Valentine Demoulin «Approche écologique de la MDT : application dans le cadre professionnel »

Un exemple concret de prise en charge nous est présenté. Il s'agit d'une femme qui reprend le travail après un accident de type « whiplash » et éprouve d'importantes difficultés (stokage + traitement ; gestion de doubles tâches). Un apprentissage explicite de mise en place de stratégies pour pallier les troubles de MDT associé à un transfert au quotidien est proposé. Dans les séances un temps important est pris pour repérer les situations mettant en jeu la MDT pendant le travail, pour réfléchir à une manière de pallier cette situation et élaborer une stratégie et ensuite l'appliquer sur le terrain. Des exercices d'attention, de stockage + traitement puis doubles tâches  sont aussi réalisés.  Des lignes de bases et un bilan de contrôle à distance de la prise en charge sont également faits. Il s'agit d'une prise en charge personnalisée et écologique qui favorise l'autonomie et empêche la chronicité des troubles souvent décrite après un traumatisme crânien léger.

* Fabienne Colette «MDT et vieillissement normal»

Une diminution des empans et des capacités de mémoire de travail est observée au cours du vieillissement. La boucle phonologique apparaît indemne au regard de nombreuses recherches. En revanche, une altération des fonctions de l'AC est souvent évoquée pour rendre compte de ces observations. L'hypothèse selon laquelle il s'agirait d'une conséquence de la diminution de la vitesse de traitement reste débattue. Concernant les fonctions de l'AC : la capacité de mise à jour semble déficitaire sans modération par la vitesse de traitement ; la coordination de tâche double est indemne ; il existe une atteinte sélective des processus inhibiteurs ; la flexibilité mentale peut être déficitaire mais il faut s'assurer que des aspects attentionnels ou exécutifs n'expliquent pas les performances. Les perspectives de recherches restent encore  nombreuses notamment concernant la nature exacte des troubles observés.

* Stéphane Adam «MDT et vieillissement pathologique»

Au cours de la maladie d'Alzheimer les troubles de MDT sont également présents cependant il est difficile d'extraire des explications concernant l'origine de ces troubles  compte tenu de l'hétérogénéité des profils, du stade de la maladie  et de la grande variété des tâches explorant les fonctions de l'AC. Une revue de la littérature est faite en reprenant les différentes fonctions de l'AC. Les différences observées sont souvent quantitatives (par exemple, au cours des tâches de génération aléatoire les réponses stéréotypées sont plus nombreuses chez les patients atteints de maladie d'Alzheimer que chez les sujets contrôle) mais sur le plan qualitatif les choses sont encore floues car les paradigmes utilisés sont divers. Dans la pratique courante l'intérêt est  donc avant tout  leur interprétation en conjonction avec d'autres tests.

* Martial Van Der Linden «MDT, dépression  et anxiété»

Il faut être vigilant au problème diagnostic en lien avec les  conséquences de la dépression et de l'anxiété sur les performances de la MDT. Le déficit de vitesse de traitement et de MDT semble être une caractéristique de la personne déprimée. Plus il y a eu d'épisodes dépressifs et plus l'existence d'une plainte mnésique et de troubles mnésiques est fréquente de même qu'une atrophie de l'hippocampe ce qui complexifie encore les questions diagnostiques. De même, l'anxiété diminue les capacités de MDT.

Une réduction des capacités de MDT peut ainsi être la conséquences de plusieurs choses (âge, dépression, anxiété...). Il est important de noter qu'en changeant nos consignes de présentation des tests les performances varient : les jeunes ont de meilleures performances que les âgés avec des consignes de type  « promotion » ( il y a beaucoup de points à gagner... ) alors que les personnes âgées ont de meilleurs scores que les sujets jeunes avec des consignes  de type « prévention » (faites attention c'est une épreuve difficile...).

Il est primordial de prendre en compte la personnalité et de ne pas faire des évaluations neuropsychologiques « mécanicistes ».
Voici la fin des aperçus de quelques communications du Forum de la SNLF.  L'intégralité du forum sera publié dans un livre aux Editions SOLAL dans le courant de l'année.

Article commenté

* The American Journal of Geriatric Psychiatry. Vol. 14, N. 12, December 2006.
Vitamin D Deficiency is associated with low mood and worse performance in Older Adults. Consuelo H. Wilkins, M.D., Yvette I. Sheine, M.D.,  Catherine M. Roe, Ph.D., Stanley J. Birge, M.D., John C. Morris, M.D.

Cet article rappèle qu'un déficit en vitamine D est souvent observé dans les maladies psychiatriques et neurologiques (la prévalence d'un tel déficit est en effet important chez les femmes atteintes de maladie d'Alzheimer : 74%). Les auteurs examinent ici les relations entre vitamine D, humeur, performances physiques (test de performance physique inspiré de celui de Reuben et Siu) et performances cognitives. Ils comparent 40 personnes âgées avec un diagnostic de maladie d'Alzheimer et 40 personnes âgées sans maladie d'Alzheimer. Les mesures cognitives sont faites avec les épreuves suivantes : MMS, short blessed test et CDR. Un questionnaire de dépression est également proposé. Le niveau en vitamine D est mesuré et trois groupes sont distingués : niveau suffisant en vitamine D ; niveau insuffisant ; niveau déficitaire.

Au total 58% des sujets ont un taux insuffisant en vitamine D.

Les personnes âgées qui ont une insuffisance et un déficit en vitamine D ont davantage de troubles de l'humeur. De plus, le déficit en vitamine D est souvent associé à de plus  mauvais scores à la CDR et au « short blessed test ».

Les auteurs invitent à la prudence quant à l'interprétation de ces résultats : les niveaux en vitamine D peuvent en effet fluctuer et ceci n'a pas été pris en compte ici ; des études longitudinales seraient intéressantes à développer et il faudrait étoffer l'échantillon de sujets afin de mieux préciser les liens entre insuffisance en vitamine D et fonctions cognitives.

(Encore une recherche qui souligne que le diagnostic différentiel entre vieillissement normal et  pathologique est complexe et nécessite une investigation poussée. (Commentaire Chrystèle MOSCA).


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