PETIT
BULLETIN du Gériatre et du Gérontologue
13ème
année
n° 24 - 16
juillet
2007
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Département
de Médecine Gériatrique et Communautaire
Fédération
de Gériatrie du CHU
de Grenoble
CMRR Grenoble Arc
Alpin
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Edito
Echelles
de qualité de vie. Le grand quiproquo. Les échelles de
qualité de vie ont été conçues par des
économistes pour des économistes afin d'évaluer
financièrement les soins et le système de santé
utilisé par les malades chroniques. L'échelle de ROSSER,
naguère étudiée en Grande-Bretagne pour savoir
jusqu'où le NHS pouvait payer l'hémodialyse et
définissant la qualité de vie à différents
niveaux, dont l'un pire que la mort, en fut le meilleur exemple. Les
médecins ont donc du mal à cadrer correctement cette
approche, et c'est bien normal. Ces difficultés apparaissent
dans l'excellent article de BROUSSE & al dans la Revue de
Médecine Interne. [AF]
Articles
*
La Revue du praticien 2007 ; 57 : 1281-1286
Pharmacogénétique
des anticoagulants oraux, Marie-Anne Loriot et Philippe Beaune
Les AVK sont la première cause d'accidents
iatrogénétiques en France du fait du risque
hémorragique. La pratique clinique quotidienne montre une grande
variabilité individuelle dans la réponse aux AVK,
expliquée depuis longtemps par les données
démographiques (âge, sexe, IMC), les apports alimentaires
en vitamine K, les pathologies intercurrentes aiguës et les
médicaments co-prescrits. Récemment, des facteurs
génétiques ont été identifiés
grâce à l'essor de la pharmacogénétique,
discipline à l'interface de la pharmacie et de la
génétique, ayant pour but l'étude des
mécanismes d'origine génétique intervenant dans
les variabilités interindividuelles de la réponse aux
médicaments, avec pour but l'amélioration de la prise en
charge thérapeutique des patients.
Le cytochrome P450 2C9 (CYP2C9) est l'enzyme majoritaire responsable de
l'élimination des AVK; la sous-unité 1 du complexe
vitamine K époxyde réductase (VOKCR1), enzyme clé
du cycle de la vitamine K, constitue la cible pharmacologique des AVK.
Des mutations rares dans le gène VKORC1 expliquent des cas de
résistance aux AVK; des polymorphismes génétiques
fréquents du CYP2C9 et de VOKCR1 sont associés à
un risque plus élevé de surdosage et à une
diminution des doses à l'équilibre.
En conclusion, le génotypage des malades avant la mise en route
d'un traitement, en aidant à la définition des doses
à utiliser, participera probablement à la
prévention du risque hémorragique lié aux AVK dans
les années à venir. (Commentaires
Sylvie MAZIERE, interne)
* Journal of
Gerontology: MEDICAL SCIENCES 2007, Vol. 62A, No. 6, 664-672
Design-Related Bias
in Hospital Fall Risk Screening Tool Predictive Accuracy Evaluations:
Systematic Review and Meta-Analysis. Terry P. Haines,1 Keith Hill,2
Willeke Walsh,3 and Richard Osborne
Méta-analyse qui analyse et classer les différentes
publications sur l'utilisation d'échelles de risque de chutes
adaptées au patient hospitalisé, avec pour
hypothèse que le biais du design de l'étude risque de
fournir des résultats trop optimistes. La revue de la
littérature a été conduite de janvier 2006
à août 2006 dans des bases de données type Pubmed,
EMBASE.... Etaient retenues des publications faisant la description de
l'échelle du risque de chute et englobant une analyse
statistique fiable. Puis les publications étaient
examinées par un puis deux lecteurs en aveugle qui faisait appel
à un troisième en cas de discordance. Seules les
échelles comprenant un calcul du risque de chutes étaient
retenues. Afin de pouvoir comparer toutes ces publications, a
été calculé un Youden Index tenant compte des
sensibilité et spécificité. Les publications ont
été classées en 4 groupes: rétrospectives
soit avec auto-validation ou validation interne (plus
intéressante) ou prospectives avec validation temporelle ou
externe (plus intéressante). Sur 137 publications, seules 36 ont
été retenues avec 52 évaluations (20
rétrospectives, 11 en prospectif et temporelle et 21 en
prospectif et externe. Dans cette première analyse on retrouve
les échelles STRATIFY, Funtional Reach, FRASE, Morse Falls
Scale, notamment pour ce qui est du prospectif externe. Dans un 2eme
temps ont été poolées et comparées ces
échelles issues du groupe prospectif externe car les
études rétrospectives optimiseraient les
résultats. Dans cette deuxième partie il ressort que la
Schmid et la Downton
(utilisées notamment en urgence et secteur aigu comprenant un
facteur médicamenteux que ne comprend pas la Stratify, ainsi que
l'état cognitif plus que le comportement) ont une
fiabilité plus grande que la STRATIFY et la MFS et le jugement
clinique. Il semble que l'utilisation d'échelles du risque de
chute en secteur d'hospitalisation ne démontre pas encore une
fiabilité certaine. Mais elle permet certainement aux
équipes de soin de repérer ensemble les facteurs de
chute. (Commentaires Catherine
BIOTEAU)
* La Revue de
Médecine Interne 2007;28:441-2.
Réflexion sur
la qualité de vie, C. Brousse (Suresnes)
* La Revue de
Médecine Interne 2007; 28 :458-62.
La qualité de
vie et ses mesures, C. Brousse, B. Boisaubert (Suresnes)
Bonne mise-au-point sur le concept de qualité de vie, utile
à tous ceux qui souhaitent approfondir la question. (Commentaires Alain FRANCO)
Infos publications E
Halvick
* Revue de Gériatrie juin 2007
;32(6). Dossier sur les troubles du comportement.
- Que sont les troubles du comportement pour le gériatre ?
Matthieu DEBRAY. Pp. 449-52.
- Que sont les troubles du comportement pour le neurologue ? Bases
neurophysiopathologiques. Olivier MOREAUD. Pp. 453-56.
- Que sont les troubles du comportement pour le psychiatre ? Dans les
coulisses de la scène comportementale. Jean-Claude BLOND. Pp.
457-60.
* La
Lettre de l'Observatoire. Fondation Médéric Alzheimer.
En ligne http://www.alzheimer-fr.org/observatoire
- N° 3, 1ère partie, juin 2007 : Les unités
spécifiques Alzheimer au sein des établissements
d'hébergement collectif.
- N° 2, mars 2007 : La place et le soutien réservés
aux familles dans les établissements d'hébergement
collectif.
- N° 1, décembre 2006 : La santé des aidants
familiaux.
Infos Congrès
E Halvick
* 10 novembre 2007, Colloque
National PréVenChute, Laval, Ecole d'Infirmières.
Organisé par l'association Pégase-Mayenne (Unité
de Recherche Appliquée en Biomécanique). Centre
Hospitalier, 33 rue du Haut-Rocher, 53015 LAVAL Cedex. Tél : 02
43 66 50 48 / 06 79 64 91 27 - Fax : 02 43 66 55 36 - Mail
: pegase.homme@wanadoo.fr.
Nombre de places limité.
* 6-7 décembre 2007, RICAI 2007,
27ème année, Paris, Palais des Congrès, Porte
Maillot. Programme préliminaire et infos sur le site www.ricai.org. Date
limite de soumission des résumés : 31 août 2007.
Visio
Grenoble - Voiron (absent)
Catherine BIOTEAU, Céline BORGNA (stagiaire), Alain FRANCO,
Gaétan GAVAZZI, Hélène GSTALDER, Elisabeth
HALVICK, Sylvie MAZIERE, Claire MILLET, Muriel MONANGE, Claudine
MONTANI, Lydie NICOLAS, Kamel OUZAID, Frédéric PASQUIER,
Marie-Charlotte TANCHOUX, Nadège VOLCLER, Nabil ZERHOUNI.
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SUPPLEMENT DU PBGG
Mensuel de Neuropsychologie
Pôle de Neurologie-Psychiatrie du CHU de Grenoble
CMRR Grenoble Arc Alpin
Supplément n°21 Juillet 2007
REUNION BIBLIOGRAPHIQUE PAVILLON ELISEE CHATIN
Pour l'envoi de vos références et
résumés : Chrystèle MOSCA
CMosca@chu-grenoble.fr
(Tél. 04 76 76 75 75 poste 63420) et
Laetitia SCAVONE LScavone@chu-grenoble.fr
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Article
commenté
* Brain and
Cognition, 63 (2007), 13-23
Insight in frontotemporal dementia :
conceptual analysis and empirical evaluation of the consensus criterion
« loss of insight » in frontotemporal dementia. Kathinka
Evers, Lena Kilander, Maria Lindau.
Les Lund et Manchester Groupes 1998 ; Neary
et al. 1998 proposent comme un des critères principaux
dans la définition de la démence de type
fronto-temporale(DFT) le « loss of insight » ou «
altération de la conscience». Cependant, ce terme
difficile à traduire en français, est aussi ambigu
et complexe. Les auteurs ont donc cherché à le
préciser et à l'opérationnaliser en distinguant
trois niveaux de conscience : 1/ l'état de conscience
(émotionnelle ou cognitive) de son propre état (ne
pas avoir conscience d'avoir un problème, ne pas pouvoir
décrire de symptôme) 2/ la conscience de la maladie (la
personne est consciente d'avoir un problème et peut
l'interpréter comme un signe de maladie) 3/ la conscience
médicale (la personne est consciente que ses problèmes
sont dus à une maladie précise). Ainsi selon ces trois
niveaux la personne peut ou non considérer que la situation
qu'elle vit est problématique. Ils étudient ces niveaux
auprès de huit patients pour qui le diagnostic de DFT a
été porté afin de montrer que la présence
d' « insight » n'est pas incompatible avec une DFT et
que « insight » et performances neuropsychologiques sont
indépendantes.
Les patients ont donc été
confrontés à des entretiens semi-structurés
concernant leur cognition et leur personnalité, à
une évaluation neuropsychologique globale et à un
test d'apprentissage « The Claeson-Dahl Test » dans
lequel, en plus d'apprendre une liste de mots, le patient doit
estimer le nombre de mots qu'il rappellera. Une comparaison entre les
résultats au test et les prédictions est ensuite faite.
L'analyse des différences entre les
prédictions et les résultats réels à ce
test révèle des profils variés : un patient ne
peut faire de prédiction ; un ne peut réaliser le test ;
un sous estime ses scores ; 3 les sur-estiment. L'évaluation
neuropsychologique montre elle aussi des résultats disparates
entre les patients. Il existe une corrélation entre des
scores élevés aux épreuves intellectuelles et la
conscience médicale. Ainsi certains patients (3 sur 8) ont une
conscience médicale tandis que d'autres ont seulement une
conscience de la maladie. D'autres ont simplement conscience d'avoir
quelques problèmes (cognitifs et/ou émotionnels). Le
Wisconsin est pour sa part l'épreuve qui corrèle le plus
avec la conscience de ses capacités cognitives et de sa
personnalité.
En somme, les patients semblent avoir un degré de conscience
plus ou moins net de leur état selon le niveau de leur maladie.
Ces conclusions ont également été faites lors
d'études sur l'anosognosie dans la maladie de type Alzheimer
(MA) ce qui amène les auteurs à souligner que
l'altération de la conscience des troubles n'est pas un
critère central permettant le diagnostic
différentiel entre DFT et MA (même s'il doit être
pris en compte pour le diagnostic). De plus, le tableau
neuropsychologique et la conscience des troubles sont
indépendants et la conscience des troubles n'est pas
homogène.
Les auteurs font remarquer le nombre restreint de patients pour
l'analyse statistique. Cependant, l'intérêt ici est
d'avoir décrit l'existence de différentes formes de DFT
et d'avoir distingué différents niveaux de conscience
pour mieux les repérer dans la pratique. Cet article rend
d'ailleurs bien compte de la variété des
profils que nous rencontrons ; certains patients DFT ayant
conscience d'être malade et en souffrant. Il donne
également des pistes pour mieux explorer les capacités de
compréhension et de conscience qu'ont les patients de leur
état (Commentaires, Chrystèle MOSCA).
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