PETIT BULLETIN du Gériatre et du Gérontologue
13ème année 
n° 25 - 23 juillet 2007
Département de Médecine Gériatrique et Communautaire
Fédération de Gériatrie du CHU de Grenoble
CMRR Grenoble Arc Alpin

REUNION BIBLIOGRAPHIQUE       PAVILLON ELISEE CHATIN
Infos : Élisabeth HALVICK, tél. 04 76 76 54 21, fax 04 76  76 55 76
Pour l'envoi de vos références et résumés : Afranco@chu-grenoble.fr

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L'été bat son plein. Merci à ceux qui veillent. Il en faut, comme nous le rappelle brutalement au pied de LA DESCENTE de Laffrey ce dramatique accident de car, inscrit hier dans une longue série, et aux airs de déjà vu dans notre culture du CHU de Grenoble. Si ça pouvait être le dernier... [AF]


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* J Am Geriatr Soc 55:518-525, 2007.
Influence of Comorbid Conditions on Long-Term Mortality After Pneumonia in Older People, Yende & al.
Etude réalisée à partir de la cohorte Health ABC (>3000 sujets de 70-79 ans, fonctionnellement indépendants); résultats d'un suivi longitudinal de 5 ans dont l'objectif a été d'étudier la mortalité consécutive à une hospitalisation pour pneumonie.
Comparativement à la population jamais hospitalisée, les patients hospitalisés pour pneumonie avaient plus de comorbidités (IC, IRC, diabete, déficit cognitif, tabagisme, statut fonctionnel moins bon et VEMS diminuée). Surmortalité à 5.2 ans (>38% versus 4.6% chez les jamais hospitalisés ; adj OR 7.8  CI=4.2-14-4) .
La mortalité à 1 et 5 ans était respectivement 3.5 et 5.6 fois supérieure aux autres patients hospitalisés toute causes confondues et indépendamment des autres comorbidités. Cependant la mortalité après une hospitalisation pour cancer est supérieure. Apres avoir éliminé les patients réhospitalisés ils ne retrouvent pas d'association PAC et surmortalité après un an (adj OR 2.1 CI 0.7-6.1).Cette association est par contre conservée pour les cancers, fractures et AVC.
Quelles limites de l'étude ? Il s'agit d'une étude post hoc et il manque certains facteurs confondant de l (statut nutritionnel,  statut fonctionnel évalué mais avec un score plus rarement utilisé). Elle ne concerne que la population âgée sans  atteinte fonctionnelle. Les patients ayant des comorbidités au stade sévère étant exclus de l'étude ; on ne sait pas si sont exclus des individus ayant une pathologie devenant sévère sur les 5 ans de suivi. Enfin, les auteurs ne donnent pas de données sur l'évolution fonctionnelle de sujets.
Au total cependant une étude intéressante mettant en exergue l'importance de l'évènement pneumonie communautaire dans l'histoire d'un individu âgé. La pneumonie est-elle un marqueur indirect de fragilité ou induit-elle une fragilité secondaire ? Affaire à suivre. (Commentaires Gaëtan GAVAZZI)

* Lancet Neurol 2007;6:734-46. Published Online July 9, 2007 DOI:10.1016/S1474-4422(07)70178-3
Research criteria for the diagnosis of Alzheimer's disease: revising the NINCDS-ADRDA criteria. Bruno Dubois*, Howard H Feldman*, Claudia Jacova, Steven T DeKosky, Pascale Barberger-Gateau, Jeff rey Cummings, André Delacourte, Douglas Galasko, Serge Gauthier, Gregory Jicha, Kenichi Meguro, John O'Brien, Florence Pasquier, Philippe Robert, Martin Rossor, Steven Salloway, Yaakov Stern, Pieter J Visser, Philip Scheltens

Article publié en ligne le 9 juillet 2007 et qui a déjà donné lieu à de nombreux commentaires. Un groupe d'expert sollicité par les Prs Dubois et  Scheltens, met en avant l'insuffisance des critères diagnostics actuels de la maladie d'Alzheimer notamment pour réaliser un diagnostic précoce au stade pré-démentiel de la maladie.
Ils proposent, arguments à l'appui, de nouveaux critères diagnostiques de maladie d'Alzheimer basés sur :

1/ des critères de base :
-Déficit initial, précoce de la mémoire épisodique incluant :
*une altération progressive de la mémoire rapportée par le patient ou ses proches depuis plus de 6 mois
*trouble objectif de la mémoire épisodique sur des tests de rappels indicés (le test de grober et Buschke est cité)
*le déficit de mémoire épisodique peut-être isolé ou associé à d'autres altérations cognitives au début de la maladie ou au cours de son évolution

2/ des arguments « positifs » :
*présence d'une atrophie du lobe temporal : perte de volume hippocampique, cortex enthorhinal, amygdale : IRM avec mesure volumétrique qualitative ou quantitative
*Anomalie des marqueurs du LCR :
concentration abaissée de amyloid B1-42 ; augmentation de la protéine tau ou de la protéine tau phosphorylée ou combinaison des 3 anomalies
*profil spécifique en neuroimagerie par PET
*Mutation autosomique dominante (alzheimer )  dans la famille immédiate

3/ des critères d'exclusion :
*Anamnèse :
Début brutal, survenue précoce de troubles de l'équilibre d'épilepsie de modifications comportementales.
*Anomalies cliniques : signes neurologiques focaux, déficit neuro-sensoriel , déficit champ visuel, sd parkinsonien
*présence d'une autre pathologie assez sévère pour expliquer les troubles : démence non alzheimer, dépression majeure, maladie cérébrovasculaire, anomalies métaboliques ou toxiques, IRM (FLAIR, T2) compatible avec une atteinte infectieuse ou vasculaire  (lobes temporaux)

4/des critères d'Alzheimer confirmé
*association des critères cliniques et histopathologique (autopsy ou biopsie cérébrale)
* ou bien clinique + preuve génétique (mutation chromosome 1,14 ou 21)
Le concept de troubles cognitifs légers (MCI) est par ailleurs critiqué car il ne prédit pas bien l'évolution vers la maladie d'Alzheimer.
Bien que le titre de l'article parle du diagnostic de la maladie d'Alzheimer, cette démarche vise bien à définir la maladie au stade prédémentiel. L'objectif semble clairement de cibler  des patients (non malades ?) pour des essais thérapeutiques en amont de la maladie déclarée.  Cette démarche de recherche thérapeutique est l'inverse de la démarche suivie en cancérologie : où les nouveaux produits de chimiothérapie sont « testés » chez les patients aux stades très avancés, métastatiques de la maladie après les traitements plus conventionnels. En cas d'efficacité, on les utilise de façon plus en plus précoce dans la maladie jusqu'à les inclure dans des traitements adjuvants. L'alzheimerologie prend le pari d'agir en amont, avant la maladie, et semble juger impossible la régression ou la stabilisation des troubles lorsque la maladie est déclarée. Outre l'attente impatiente d'une validation de ces critères diagnostiques, beaucoup de questions éthiques se font déjà jour. (Commentaires Matthieu DEBRAY)

* BMJ 2007 ; 334 : 1322
Should doctors go to patients' funerals ? Bruce ARROLL (Auckland, New Zealand)
Cette question n'est pas anodine. Nous n'avons pas beaucoup de temps pour pouvoir aller aux obsèques des patients que nous avons suivi. Mais en théorie est-ce fondé, moral, éthique ? L'auteur, dans une vision se félicite d'aller aux obsèques des patients qu'il a suivi. La famille en est gratifiée, et cela peut applanir d'éventuelles difficultés psychologiques tant de la part de la famille que de celle de l'équipe de soins. Pourtant aux Pays Bas, qui en la matière a eu pas mal d'avance il a été demandé aux soignants de ne pas aller aux obsèques des patients au motif que cela pouvait contribuer à déposséder la famille de « son » deuil. Tout cdela mériterait bien un débat éthique... Merci aux « Espaces Ethiques » de s'en saisir...(Commentaires Alain FRANCO)

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Grenoble - Annecy

Catherine BIOTEAU, Matthieu DEBRAY (Annecy), Gaétan GAVAZZI, Elisabeth HALVICK, Claudine MONTANI, Françoise PICOT (Annecy), Interne d'Annecy.

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