Une vision négative de la vieillesse :
Dans la société actuelle les
représentations de la vieillesse sont très souvent
négatives, allant même jusqu’à un « interdit
de vieillir » véhiculé par de nombreuses
publicités innondant nos médias. L’une d’entre elles, par
exemple qui vante les mérites d’un cosmétique aux effets
soit disant rajeunissants en fait foi : « si l’on paraît 10
ans de moins, on peut tomber amoureux »…avec comme corrollaire
implicite que le vieillissement exclue la personne du champ de la
séduction et de la vie sociale dans son ensemble. Il n’est pas
bien vu de devenir vieux et les méfaits de l’avancée en
âge sont stigmatisés. Les propos pourtant
déjà anciens du Général De Gaulle sur la
vieillesse en tant que « naufrage » restent malheureusement
bien ancrés dans l’imaginaire collectif.
Il n’est pas rare que dans le cadre de ma pratique
professionnelle, les familles ou personnes que je suis ammenée
à rencontrer expriment leur vision de la vieillesse comme une
déchéance et leur étonnement qu’un engagement en
gérontologie puisse être un choix. La vieillesse est alors
exprimée uniquement en terme de problème alors
qu’à bien y réfléchir, la seule alternative au
vieillissement serait une mort prématurée … Le
vieillissement serait-il donc en fait une chance ?
La prévention
:
Dans ce contexte problématique, comment la
prévention peut-elle être vécue ? comme une forme
de protection contre le viellissement dans son ensemble ? Le
vocabulaire associé au terme « prévention »
en gérontologie évoque les risques, les méfaits,
ce qui est mauvais… Il incite à se projeter dans un avenir
uniquement pensé en terme de problèmes et de
difficultés. Il est fort à parier que ce genre de
perspective prépare le lit des stratégies
d’évitement et de fuite ou que la prévention risque de
rester un concept très théorique. Il pourrait même
devenir culpabilisant lorsque la personne ayant appliqué les
préceptes visant à la protéger de ce «
mauvais » viellissement, rencontre des difficultés
liées inéluctablement aux pertes des capacités du
fait de l’avancée en âge.
Dans ce contexte,
comment bien gérer sa trajectoire de vie ?
Comment
donc intégrer naturellement dans notre mode de vie, les conseils
et indications ayant fait preuve de leur impact positif sur la
santé ? Peut être suffit-il de changer de perspective en
se situant dans une temporalité du présent et en y
associant une notion de plaisir …du bien manger, du bien bouger… Ne pas
faire du sport uniquement pour prévenir l’ostéoporose par
exemple mais aussi et simplement pour le plaisir de ce que cela procure
sur le moment dans un respect de nos capacités présentes.
Bien vivre le présent nécessite d’accepter les pertes
inéluctables en intégrant les notions d’adaptation,
d’optimisation et de compensation.
Cette vision des choses nous permettra également
de poser un regard mieux-veillant sur nos aînés.
Agnès ROLIN
Assistante sociale
Unité Mobile de Gérontologie
CHU de Grenoble
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