Les échos de l'Isère
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La fiche technique
Les avantages fiscaux
"La parole est à vous"
ALMA : écoute à bout du fil
Nos lectures
Flash
En bref
Agenda
Page A
La plainte dans notre
société :" nouveau mode de communication" ?
Pages B - C
Quelques réflexions à
propos de la notion de plainte chez le sujet âgé.
Page D
La plainte mnésique.
Page E
La plainte somatique.
Page F
La plainte des personnes
âgées
Page G
Du côté des aidants
naturels.
Page H
est-il permis de rêver...
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De la plainte à l'écoute, un
fil est lancé...
Quelle drôle d'idée de parler de la
plainte et de l'écoute en ce temps si tourmenté où
les hommes sont solidaires dans les horreurs, l'urgence et la
fête mais si peu dans les affaires quotidiennes qui construisent
leur histoire ! Cette idée d'associer plainte et écoute
trouve sa pertinence dans leur similitude, toutes deux constituant un
acte individuel et un acte social en s'adressant à un autre. Le
fil conducteur de ce numéro est donc l'histoire d'un acte
subjectif créateur d'un lien intersubjectif. Quelle bonne
idée !
La plainte nous entraîne sur un terrain étendu entre
douleur et revendications, terrain parsemé de
perplexité et de suspicion. Celui qui se plaint n'est pas
toujours pris au sérieux, sa plainte non plus d'ailleurs,
qu'elle que soit sa nature. La plainte est l'expression de la
souffrance d'un sujet qui peine à jouir de et dans sa
réalité concrète, qui tente de faire entendre sa
réalité subjective. Sur le plan dynamique, elle est plainte-accroche
qui retient l'attention de celui qui passe par là ; elle est plainte-appel
qui demande de l'aide pour obtenir du soulagement ; elle est plainte-écran
qui dissimule et tient à distance une douleur qui ne peut se
partager parce qu'elle est refoulée, indicible ou
considérée comme non recevable par un tiers ; elle est plainte-intrinsèque
lorsqu'elle dit le sujet et se confond avec lui.
La plainte témoigne donc de la douleur
d'un sujet. Elle est aussi processus mortifère qui l'enferme
dans une présentation plaintive et tentative de traitement de ce
mortifère par son extériorisation et par la recherche
d'interlocuteurs qui en découle. De
la plainte à l'écoute, un fil est lancé.
L'interlocuteur reçoit la plainte en l'écoutant d'abord.
Elle est souvent difficile à écouter parce qu'elle peut
être répétitive, bizarre, parce qu'il n'est pas
toujours possible de lui trouver une solution, parce que parfois elle
ne requiert aucune aide active et concrète, parce qu'elle
adresse une sorte de blâme à son entourage impuissant
à la faire taire. Elle peut ainsi susciter agacement, conflit,
rejet.
C'est pourtant bien en l'écoutant avec sincérité
et sans exigence que la plainte pourra espérer trouver un
apaisement au creux de l'intersubjectivité créée.
Une plainte écoutée est une plainte lavée de son
caractère douteux, honteux, coupable, méprisé,
désespéré... Une plainte écoutée est
une plainte soulagée en partie qui incite le sujet à
s'éloigner d'elle au moins temporairement. De l'écoute à la plainte, un fil
répare.
Mireille TROUILLOUD
Psychologue clinicienne
Centre de Prévention des Alpes
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