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Les
bénévoles : un rôle indispensable et vital
Le
5 décembre est journée du bénévolat. Si le
bénévolat a semblé un
moment l’apanage des retraités et préretraités,
d’autres groupes d’âges entrent
maintenant dans les associations.
Des
jeunes qui cherchent une expérience professionnelle quelquefois,
mais
surtout qui trouvent un sens à leur action dans l’échange
et une bonne image
d’eux-mêmes. Ces jeunes qui ne sont pas toujours accueillis dans
des groupes où
des personnes plus âgées les craignent. Grâce aux
emplois aidés, ils ont trouvé
des places nouvelles et ont acquis droits de cités. On les a
découvert actifs
et citoyens.
Des
femmes jeunes, malgré des charges de familles et souvent des
emplois s’activent
sur les quartiers dans des groupes de fait ou des associations et
trouvent dans
un engagement de proximité une réponse à des
problèmes qu’elles résolvent
ensemble. Beaucoup de groupes issus de l’immigration participent avec
bonheur à
des associations multiples dans une action d’entraide qui rejoint
souvent
d’autres traditions que les nôtres entamées par nos
systèmes de solidarité
modernes un peu périmés.
Tous
ces bénévoles s’engagent dans trois types
d’activités ou dans les
trois à la fois. Des activités de services, de gestion et
de revendication ou
de défense d’une cause.
L’engagement
dans les services est souvent indispensable, car ils ne
peuvent pas être financés par des financements publics ou
privés. La gestion
bénévole des associations leur donne leur
légitimité. La revendication, la
défense d’une cause et la médiation sont indispensables.
Il
semble que beaucoup de choix de sociétés ne se fassent
pas pour
pallier à toutes les canicules et aux grandes inondations et les
bénévoles ont
un rôle indispensable et vital.
Peut-on
parler d’un bénévolat providence ou revient-on tout
simplement à
une société où chacun aide son prochain et s’aide
soi même ? S’agit il de
bénévoles alibis ou « bouche
trous » ? La question est délicate
à trancher car les bénévoles sont contents et
réclament cette place active dans
la société. Ils veulent continuer à créer
du lien social et c’est pour beaucoup
un moyen de garder une dignité par le travail, valeur qui ne
semble pas
disparaître.
Le
bénévolat c’est une autre culture et d’autres
identités qui viennent
changer la vie de ceux qui sont les bénéficiaires et ceux
qui sont les
bénévoles. D’ailleurs l’idéal est quand les uns et
les autres peuvent échanger
leurs rôles. Le jeune que l’on soutient dans son devoir de maths
peut aider à
son tour un vieux monsieur à aller jusqu’au terrain de boules ou
à faire son
jardin.
Michel
Philibert parlait de l’échelle des âges. Les
bénévoles savent monter
et descendre les barreaux. A condition que le bénévolat
ne devienne pas un
médicament mal dosé contre l’ennui et la solitude ou les
restrictions
budgétaires, il reste une solution formidable pour vieillir
mieux ensemble.
Dan FERRAND-BECHMANN
Professeur à l'Université
(Paris 8)
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