|
Par
Madame Guinchard Kunstler
Il
m'arrive souvent de dire que le 20ème siècle a
été celui
de la mise en œuvre d'une grande politique en faveur de l'enfance.
Pendant des
décennies, notre société a été
sensibilisée à la prise en charge de la petite
enfance, de l'enfance et de l'adolescence.
Je
fais le vœu que le 21ème siècle soit celui des personnes
âgées.
Il
a fallu la terrible canicule de l'été dernier et les 15
000 personnes âgées décédées pour que
le Gouvernement et notre société saisissent
l'importance des dispositifs initiés en faveur des personnes
âgées, et en
particulier celui de l'APA.
Pourtant,
l'expérience marseillaise, qui remonte à 1983,
menée sous la responsabilité du Professeur San Marco
aurait pu nous éviter une
si grande catastrophe. Dans ce cas précis, on le voit, le
problème de la
diffusion de la recherche, de l'expérimentation et de
l'information de
proximité est d'une grande importance.
Mais,
au-delà des responsabilités politiques et
administratives, c'est toute la société qui est
concernée. Ce qui est en cause,
c'est notre façon de regarder cette étape de la vie. Nous
avons à comprendre
que nos concitoyens âgés peuvent apporter beaucoup
à notre société.
Bien
sûr, il faudra améliorer les prises en charge des
personnes âgées en perte d'autonomie et en particulier
l'accompagnement des
fins de vie. Mais à côté du renforcement des
dispositifs de soins et d'accueil,
l'enjeu des années à venir sera dans la prise de
conscience collective de la
place et du rôle de nos aînés dans le retissage d'un
lien social, dont chacun
s'accorde à souligner la relative dissolution.
Nous
devrons développer une vraie politique en faveur des
nouvelles relations intergénérationnelles qui vont
prendre de l'importance dans
notre vie moderne. Notre regard devra changer : les personnes
âgées sont une
richesse pour la société.
Grands-parents
ou arrière- grands-parents, nos aînés
apportent beaucoup à la jeu-nesse, au moins par la transmission
des expériences
de la vie et de la mémoire collective.
Pour
aller dans ce sens, nous devrons encourager les
formations et les pratiques qui mettront les personnes humaines au
centre de
leur préoccupation. Il faudra développer des ponts et des
convergences entre le
sanitaire et le social, entre le social et le culturel.
Ces
préconisations constituent une partie des défis que les
CLIC ont à relever. Elles sont à plusieurs égards
significatives : faire
rencontrer des intervenants différents (services de soins
à domicile, secteur
libéral, hôpitaux et établissements
d'hébergement), mettre en place une
coordination autour de la personne âgée.
Face à
ce grand chalenge, le CLIC est le levier permettant à la
collectivité territoriale d'assumer sa lourde
responsabilité. Il lui permet de
prendre en compte tous les aspects de la personne âgée et
de rester à son
écoute, ainsi qu’à celle des familles, des associations
de bénévoles et des
professionnels.
Paulette
GUINCHARD-KUNSTLER
Députée du Doubs
Ancienne Secrétaire d'Etat aux
personnes âgées
|