Du
domicile jusqu’au bout :
Un choix, des droits, des limites ?
Dans notre société tout est
sécurisé, médicalisé, aseptisé, de
la naissance jusqu’à la mort. Il est vrai que le nouveau
né ne choisit pas l’endroit où il voudrait naître.
C’est sa mère, accompagnée par le corps médical
qui fait le choix. Les jeunes générations recherchent la
sécurité totale, le risque zéro.
Quant aux personnes âgées,
aujourd’hui quel est leur choix ? Quelles sont leurs aspirations ?
Veulent-elles vivre le plus longtemps possible, même si le pris
à payer est de passer le restant de leurs jours en structure
médicalisée, d’avoir de rares visites de leurs proches,
visites limitées dans le temps par le règlement et les
déplacements ?
Ou bien, préfèrent-elles profiter,
le peu de temps qui leur reste, de leur domicile, de l’endroit
où elles ont vécu, où elles ont
élevé leurs enfants, un lieu riche en souvenirs et en
anecdotes qui composent une vie ? Evidemment, ce choix comporte des
risques, leur procure moins de « sécurité »,
beaucoup d’inquiétudes à leurs familles.
Les proches des personnes âgées
trouvent-ils leur place auprès d’elles ? Quelle est
réellement leur place ? La famille, doit-elle être au
premier rang et apporter le maximum de soins à ses
aînés, ou bien est-ce à la société de
se mobiliser pour répondre aux choix personnels des personnes
âgées ?
Et les professionnels d’aide aux personnes
âgées, quel rôle doivent-ils jouer ? Quelles sont
les limites de leurs interventions (théoriques et
réelles) ? Quelle est leur place dans la relation triangulaire
personne âgée – famille – professionnel ?
Beaucoup de questions ! Mais y a-t-il des
réponses ? A notre sens, une réponse universelle n’existe
pas. Comme la « personne âgée » n’existe pas.
Il y a les personnes avec leurs histoires personnelles, leur
vécu, leur douleur, leurs joies, leurs attentes et aspirations,
leurs espoirs, leurs projets … Ces personnes sont des citoyens à
part entière et même plus : c’est la
génération des aînés d’aujourd’hui qui a
défendu la France et la reconstruite après la guerre, qui
a travaillé hier pour notre présent et pour notre avenir.
Et c’est à nous aujourd’hui, ensemble famille, professionnels et
bénévoles de leur rendre hommage, en leur donnant la
possibilité de vivre dignement leurs choix, quels que soient
leur âge, leurs handicaps, leurs origines et leurs ressources …