Le
vieillissement devrait-il
conduire inéluctablement à un retrait progressif des
choses de ce monde,
devrait-il se traduire par une coupure de la vie sociale ? Ceux
qui côtoient,
qui travaillent avec les personnes âgées
savent que cette
conception de la vieillesse « impasse » n’est
qu’une représentation
faussée de la réalité.
Bien au
contraire, nos aînés
sont présents, actifs, utiles à leurs semblables,
participant ainsi au maintien
du lien social.
Les
articles de ce nouveau numéro
de l’ Information Gérontologique Départementale
témoignent des différentes
formes que prend cette contribution sociale, tant au niveau de la
collectivité
que dans le cercle familial.
La sociologue
Monique
Legrand y souligne l’importance de l’implication des retraités
dans la société
et dégage cette notion d’utilité sociale en
réponse à une image négative de la
vieillesse. Vision partagée par
Jean
Giard, pour qui " la retraite
conçue comme une période de repos s’est amoindrie pour
une plus forte
implication en termes d’utilité sociale ".
Cet engagement
actif,
bénévole, traduisant du don de soi, cette
disponibilité envers autrui s’offre
autant pour soutenir les plus âgés que pour aider les plus
jeunes. Ainsi, Louis
Eymond nous montre t-il comment les rencontres
intergénérationnelles sont
aussi de forts moments de transmission de savoirs et de passions
partagés.
A ceux qui
pensent les aînés
irrémédiablement dépassés par la
technologie, Vincent Rialle répond que " la technologie est le pont entre des
personnes, des générations et des populations qui n’ont
pas la moindre chance
de se croiser ".
Le cercle
familial, lieu
privilégié de la solidarité intra familiale a-t-il
à souffrir de cette
implication dans la société ? Au contraire, la
responsabilité
grand-parentale voit son champ s’élargir, de l’aide aux enfants
en difficulté
économique à la prise en charge de leurs petits-enfants.
Et l’on
voudrait nous faire
croire après tout ça qu’être vieux c’est être
inutile ?
Si, comme le
témoignage de Denise
Lallich le traduit avec force sincérité, le chemin de vie
vers la vieillesse
appelle l’humilité, que vaudrait une société dont
les aînés seraient
absents ?
Et si certains
pensent que
nos aînés ne sont plus faits pour le rythme de notre
société, méditons cet
éloge de Pierre Sansot à la lenteur qui " se reconnaît à la
volonté de ne pas
brusquer le temps mais aussi d’augmenter notre capacité
d’accueillir le
monde… ".
Œuvrer ensemble à la construction
d’une société pour tous les âges
c’est donner du sens à la vie.