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J’ai
acquis la conviction que le vieillissement est un fait
social et culturel avant d’être un fait biologique. Ainsi
l’entrée en
établissement peut être vécu par la personne
âgée comme un nouveau « coup
de vieux » ; une blessure narcissique dangereuse pour
l’intégrité, la
dignité, l’affirmation de soi… l’autonomie. Pour peu que la
notion de
« placement » envahisse la tête de tous les
acteurs, alors l’entrée
s’associe à l’idée de perte de liberté…
La
personne âgée, fusse-t-elle dépendante, doit rester
envers et parfois contre tous, ACTEUR-DELIRANT capable de faire des
choix… si
ce n’est tous les choix.
Faire
du futur résident un gérant ou co-gérant de Sa Vie
est
un élément capital pour lui permettre d’investir de
nouveaux espaces physiques
et sociaux.
Il
nous faut autoriser la personne âgée à entrer avec
un
maximum de bagages physiques ou symboliques et entourée des
siens. C’est à ce
prix que chacun pourra se convaincre qu’il s’agit d’une personne riche
de toute
une histoire qui prend place… Sa place dans la résidence. C’est
aussi une
chance d’extraire la personne âgée du collectif et
d’imposer le projet
individuel. La personne âgée est toujours plus que ce que
l’on en sait !
De même ses aspirations sont assurément plus fortes que
ses besoins !
L’entrée
en établissement est une étape majeure que la
famille et les professionnels doivent investir à la hauteur des
enjeux. Cela
demande de la sérénité… quand c’est
possible ! Cela demande du temps… si
on en dispose !
La
personne âgée a le plus souvent toutes ses facultés
mentales, seulement les apprentissages se font plus lentement
qu’à d’autres
âges de la vie…
Pour
préserver à la personne âgée, son statut
d’ACTEUR-DESIRANT, il faut une sensibilité particulière
de tous, il faut surtout des personnels nombreux et formés,
à domicile comme en établissement.
Le plan « Solidarité Grand Age »
détaillé par le Gouvernement, marque une avancée
indéniable, mais il nous
permettra d’atteindre au mieux 6.5 soignants pour 10 résidents
en
établissements… et encore en 2012 ! Les organisations de
professionnels
comme les associations de famille en réclamaient 8 pour 10 et
dans nombre de
pays voisins, ce chiffre atteint 10 pour 10 et parfois plus !!!
C’est
l’effort indispensable à réaliser pour que
l’entrée et l’accompagnement du
nouveau résident se fasse de manière
individualisée.
L’entrée
doit s’inscrire dans une démarche sereine et
progressive où l’accueil de jour et l’hébergement
temporaire constituent des
étapes successives qui préparent chacun à une
résidence permanente. Le nouveau plan
nous annonce la création de 2 500 places d’accueil de jour,
1 100
d’hébergement temporaire et 5 000 d’hébergement
permanent chaque année. Là
encore, l’effort est significatif mais insuffisant !
Si
les crédits pérennes ne sont pas mobilisés dans
les
prochains mois afin de financer ce nouveau plan pour nos vieux, alors
ce sera
de nouveau et plus que jamais la personne âgée
elle-même… et sa famille qui
devront mettre la main au porte-monnaie. Ce faisant, nous nous
éloignerions de
la démarche qualité promise et le personnel continuerait
à travailler dans des
conditions contraires à ce qui fonde leur métier.
Claudy JARRY
Président de
la FNADEPA
Directeur d'établissements et de services (Deux-Sèvres)
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