La participation
des résidants à la vie des établissements est une
préoccupation déjà ancienne née du
questionnement sur les Droits et Libertés des personnes
âgées. Mais, malgré les évolutions de ces
dernières décennies, les enjeux restent les mêmes :
- Faire en sorte que chaque résidant puisse rester autonome,
vivre selon ses choix, participer encore à la vie sociale…
témoigner pour les autres générations de
l’importance de son existence, de son rôle au sein de la
société, même dans les situations de
dépendance,
- Penser les orientations et le fonctionnement de l’institution en
réponse à leurs attentes et à leurs besoins.
Les différentes instances mises en place, Conseils de la Vie
Sociale, commissions menus, animation… malgré leur
intérêt, rencontrent souvent des difficultés
liées à l’âge et aux problèmes d’expression
des résidants. Mais d’autres écueils tiennent au
système même de la Représentation: quelques
personnes, généralement les plus indépendantes,
autonomes et engagées, peuvent-elles parler au nom de la
majorité des autres ? Il semble que oui lorsque les
réunions sont précédées de débats et
de consultations qui associent le plus grand nombre.
Ces formes de représentation sont donc essentielles, même
si elles apparaissent insuffisantes pour que les résidants
soient les vrais décideurs de leur vie, notamment lorsqu’ils
souffrent de troubles psychiques.
Et lorsqu’il existe des associations de résidants, soutenues par
des professionnels réellement soucieux de l’autonomie des
personnes, la parole semble facilitée, ce dont
témoigne une adhérente de l'association " Liberté
du Résident en Institution ". Mais elles sont encore peu
nombreuses, et les faire vivre demande une mobilisation et des
convictions fortes de la part de leur responsable.
Les freins à la participation dont témoignent les
professionnels dans ce numéro des IGD sont nombreux. Mais le
principal n’est-il pas dans le regard porté sur les personnes
âgées et dans la représentation que les
établissements se font de leur mission première ? Bien
sûr les soins et l’accompagnement quotidiens mobilisent
l’essentiel du temps et de l’énergie des professionnels qui
oeuvrent dans des conditions difficiles… Mais en tenant compte de cette
réalité, l’essentiel ne serait-il pas de travailler
à long terme sur un changement des mentalités ? Tant
qu’il sera dit et pensé que tous les résidants sont
aujourd’hui dépendants, dans l’incapacité de s’exprimer,
chiffres et courbes à l’appui, tant que « la gestion de la
dépendance » sera la priorité, sera-t-il possible
de rester centré sur les souhaits des résidants dans une
véritable démarche d’accompagnement de la vieillesse et
de la fin de la vie ?
D’autres démarches s’avèrent nécessaires,
complémentaires. Les établissements sont aujourd’hui
contraints d’élaborer un Projet de Vie en s’appuyant sur
l’expression de chacun. Ce recueil peut prendre des formes
variées : entretiens, observations, attention quotidienne... Il
suppose une véritable écoute des mots et des corps, des
comportements, une formation pour entendre les priorités de
chacun.
Les moyens humains sont aujourd’hui insuffisants pour que la
participation ne reste pas un vœu pieux. Mais la conviction qu’il
s’agit là d’une réelle priorité existe-t-elle
réellement ?
Annier MOLLIER
Ingénieur d'études au CPDG
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